
Parmi les principales nouveautés du plan stratégique figure l’élaboration d’un schéma directeur de l’enseignement supérieur permettant d’accompagner et d’anticiper l’évolution du secteur, a souligné Azzedine El Midaoui (Ph. Bziouat)
A moins d’une année des prochaines élections législatives, Azzedine El Midaoui veut mener à bon port sa réforme de l’enseignement supérieur. Après l’adoption du projet en conseil de gouvernement, le ministre vient de s’engager dans le marathon parlementaire, avec la présentation devant la Commission de l’enseignement à la Chambre des représentants. Il est convaincu de la nécessité de lancer une révision globale du cadre juridique régissant l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, afin de fournir un cadre plus approprié. Pour lui, il s’agit de placer l’étudiant au cœur du système de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et de renforcer l’autonomie des universités et des établissements publics et privés. Et cela, dans un cadre contractuel avec l’Etat.
L’unité du service public dans l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique sera consolidée, selon le ministre. Et cela, dans le cadre d’un partenariat et d’une complémentarité entre les secteurs public et privé. Il s’agit de développer un système d’information intégré pour la gouvernance de l’enseignement supérieur, et de renforcer la digitalisation de la formation et de la recherche scientifique. Des mécanismes d’évaluation et d’assurance qualité seront introduits. Pour cela, il est impératif de rehausser la place des ressources humaines du système et de diversifier leurs statuts, afin de garantir la motivation des compétences et l’amélioration des performances. Et cela en consacrant les principes de gestion axée sur les résultats et en institutionnalisant la planification stratégique, a-t-il expliqué.
Schéma directeur
Parmi les principales nouveautés du plan stratégique figurent l’élaboration d’un schéma directeur de l’enseignement supérieur permettant d’accompagner et d’anticiper l’évolution du secteur. Idem pour la mise en place un système national intégré pour le développement de la recherche scientifique et de l’innovation, tout en renforçant et diversifiant les mécanismes et sources de financement.
C’est aussi le cas du renforcement de l’ancrage territorial de l’université et de la consolidation de son rôle dans l’accompagnement du développement régional et national. Il sera aussi question d’accompagner et d’évaluer la performance de l’université et préparer un rapport annuel destiné au chef du gouvernement. En outre, il faudra conditionner la nomination du président de l’université et des présidents des établissements à l’obligation du respect des cahiers des charges. Il est également impératif de mettre en place un poste de directeur administratif et financier de l’université.
Offre pédagogique
En matière d’organisation pédagogique, le projet prévoit la mise en place d’une politique linguistique consacrant la place des deux langues officielles du Royaume, tout en s’ouvrant sur les langues étrangères. Il sera question d’institutionnaliser la formation à distance, la formation en alternance, et la formation tout au long de la vie.
A cela s’ajoute la formation de base selon un emploi du temps aménagé au profit des employés des secteurs public et privé, et de toute personne souhaitant en bénéficier. Il sera question d’offrir aux étudiants la possibilité de bénéficier d’une mobilité, nationale et internationale, à travers la capitalisation des acquis pédagogiques.
Ce dispositif sera assorti de la clarification du cadre légal relatif au certificat de formation continue, en y incluant obligatoirement la mention de formation continue. Idem pour le renforcement de la numérisation de l’enseignement supérieur et le développement de l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les parcours de formation.
Attrait pour le privé
Selon les données du ministère de tutelle, le nombre des étudiants dans les universités publiques pour l’année en cours a atteint 1,144 million d’inscrits. Ce qui représente 87% du total, avec une hausse de 3,8%.
es établissements à accès ouvert accaparent le plus gros du contingent, avec 928.195 étudiants (81% du total), enregistrant une augmentation de 2,5%. En revanche, les établissements à accès limité ont connu une forte croissance de 10,3%, accueillant 216.606 étudiants (19% du total). Lors de sa présentation, le ministre a mis en avant la hausse notable du nombre d’étudiants intégrant le secteur privé et les établissements non universitaires. Ainsi, les universités privées ont accueilli 102.462 étudiants (8% du total), avec une croissance de 12,5%.
Quant aux établissements publics d’enseignement supérieur non universitaires, ils ont reçu 62.537 étudiants (5% du total), enregistrant une croissance de 10,3%.
Domination des filières juridiques et économiques
Concernant la répartition des nouveaux étudiants par filières, les données révèlent une domination claire des filières juridiques, économiques et sociales, qui représentent 50% du total des inscriptions, en hausse de 2%.
Il est à préciser que dans le cadre de sa volonté d’aligner les formations universitaires sur les besoins du marché du travail et sur les stratégies nationales, le ministère a annoncé un plan d’augmentation du nombre de places pédagogiques dans plusieurs filières stratégiques, et ce à partir de la rentrée universitaire 2025-2026.
En tête de ces filières figurent la médecine, la pharmacie et la médecine dentaire, avec 10.841 places prévues, soit une hausse de 33% par rapport à la saison précédente, qui avait accueilli 8 138 étudiants. Ce qui reflète une volonté renforcée de soutenir le secteur de la santé.
Mohamed CHAOUI
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Auteur: Mohamed CHAOUI
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