Pour le compte de l’année 2020, 900 000 tonnes de marchandises ont transité sur le corridor Douala-Ndjamena, alors qu’en 2019, le transit des marchandises sur cette voie était estimé à 1 million de tonnes, soit une baisse de 100 000 tonnes en valeur exacte et 10% en valeur relative. Selon l’annuaire statistique 2021 du ministère des Transports (Mintransports), ce repli est principalement dû à la pandémie à Covid-19 qui est venu ralentir une dynamique de croissance sur ce corridor. Et pourtant, dans le cadre de la lutte contre cette pandémie, les autorités camerounaises ont décidé de maintenir les échanges avec les autres pays de la Cemac, en dépit de la fermeture des frontières. A en croire l’annuaire statistique 2021 du Mintransports, cette décision n’a pas empêché l’effondrement des flux commerciaux sur les corridors desservant le Tchad et la RCA.

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Crise pétrolière, tracasseries policières

Avant l’arrivée de la crise du coronavirus, cette donne avait déjà beaucoup changé. Cette situation était principalement causée par le ralentissement de l’activité économique au Tchad, depuis la chute des cours du pétrole brut de 2015. En occurrence, « 800 000 tonnes de marchandises ont transité sur le corridor Douala-Ndjamena en 2018 », indique le document.

A ceci, s’ajoutent les tracasseries policières et administratives causées par une multitude de postes de contrôles sur le corridor. Celles-ci ont contraint de nombreux opérateurs économiques à détourner leurs marchandises du port de Douala, au profit des ports béninois et soudanais, selon les analyses faites par les responsables du port de Douala. Des estimations récentes faites par Moise Vokeng, président du réseau des professionnels des transports routiers du Cameroun font état de 3 milliards de F de pertes journalières pour les transporteurs routiers dues aux contrôles illégaux. «Le manque à gagner est énorme. Si on arrive à se garer, on va perdre beaucoup. Les transporteurs vont perdre et l’économie sera au ralenti. Même l’Etat perd énormément et les pertes sont conséquentes de part et d’autre », a-t-il indiqué.

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Pour limiter les pertes sur ce corridor, le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, propose la suppression de 39 postes de contrôle sur les 66 existants car selon les conclusions de l’enquête mise en branle par ce dernier, « seuls 27 postes de contrôle mixtes sont réguliers ». Les mesures prescrites par Joseph Beti Assomo sont d’une urgence indéniable et la mise en œuvre stricte de celles-ci pourraient relever les performances de transit des marchandises sur cet axe commercial.

Rappelons ici que, le corridor Douala-Ndjamena concentre 35 % du PIB de ces deux pays, dessert 20 % de la population du Tchad et 35 % de celle du Cameroun.

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Auteur: Mairamou Abdou
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