Entretien exclusif : Tarek Mehdi dévoile les avancées des projets d’eau, de transport et de voirie à Sfax [Vidéo]Entretien exclusif : Tarek Mehdi dévoile les avancées des projets d’eau, de transport et de voirie à Sfax [Vidéo]

Le député à l’Assemblée des représentants du peuple, Tarek Mehdi, vice-président de la commission de la planification stratégique, du développement durable, du transport, des infrastructures et de l’aménagement du territoire, et élu de la circonscription de Sakiet Eddaïer à Sfax, a livré au correspondant de Tunisie Numérique à Sfax un long entretien consacré aux grands projets programmés dans la région.

Le député a notamment évoqué les dossiers de l’eau potable, de l’électricité, du transport, des routes et de l’aménagement urbain. Il a également livré sa propre lecture des perturbations enregistrées durant l’été dans l’approvisionnement en eau et en électricité, ainsi que de la pénurie ponctuelle d’eau minérale en bouteille.

Le plan de développement 2026-2030 et les projets programmés

Tarek Mehdi a indiqué que le plan de développement 2026-2030 a été adopté par l’Assemblée des représentants du peuple et par le Conseil national des régions et des districts, avant d’être promulgué et publié au Journal officiel.

Selon lui, les projets inscrits dans ce plan doivent désormais être mis en œuvre par les différents ministères et structures concernés.

Il a notamment cité les infrastructures, la réhabilitation des établissements éducatifs, l’aménagement urbain, l’agriculture et les projets de développement.

Le député a également évoqué le soutien aux sociétés communautaires ainsi que la situation du secteur privé.

Loi sur les chèques et sous-traitance : l’analyse du député

Tarek Mehdi estime que les modifications apportées à la législation sur les chèques ont eu, selon son appréciation, des effets sur certaines transactions commerciales et sur l’investissement privé.

Il a appelé à évaluer les conséquences de cette réforme et à examiner, le cas échéant, certains de ses aspects.

Concernant la réglementation des contrats de travail et l’interdiction de la sous-traitance, il a estimé que ces dispositions ont permis de régulariser la situation de certains travailleurs et d’améliorer leurs revenus.

Il a toutefois affirmé qu’une partie des personnes qui exerçaient dans ce secteur se sont retrouvées sans emploi.

Eau potable : les coupures d’électricité au cœur de son explication

Évoquant les perturbations de l’approvisionnement en eau potable enregistrées durant l’été, Tarek Mehdi a estimé que les coupures répétées d’électricité ont joué un rôle majeur dans le dysfonctionnement du système de pompage.

Il a expliqué que l’acheminement de l’eau potable repose sur de grandes pompes fonctionnant à l’électricité.

Selon les chiffres qu’il a avancés, la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux disposerait de plus de 1 000 pompes à haute pression réparties sur l’ensemble du territoire.

Lorsque l’électricité est interrompue, les pompes s’arrêtent alors que l’eau stockée dans les grands réservoirs continue d’être consommée, ce qui entraîne une baisse de leurs niveaux.

Le redémarrage du système nécessiterait ensuite plusieurs heures de pompage intensif afin de rétablir les réserves.

Tarek Mehdi a ajouté que de nouvelles coupures pouvaient parfois survenir avant même la fin de cette opération, retardant davantage le retour à un approvisionnement normal.

Eau minérale : une consommation de 7 à 10 millions de bouteilles par jour en période de pointe

Le député a également établi un lien entre les perturbations électriques et le recul de la production d’eau minérale en bouteille.

Il a rappelé que le captage, le traitement de l’eau et les chaînes d’embouteillage dépendent eux aussi de l’alimentation électrique.

Selon sa lecture du dossier, l’arrêt de certaines chaînes de production aurait contribué à la baisse de disponibilité des bouteilles sur le marché.

Parallèlement, la consommation augmente fortement durant l’été sous l’effet des températures élevées et du pic de l’activité touristique.

D’après les chiffres communiqués par Tarek Mehdi, la consommation quotidienne atteindrait entre 7 et 10 millions de bouteilles durant les périodes de forte demande.

Stockage et lutte contre la spéculation

Tarek Mehdi a également estimé que les entreprises avaient auparavant recours à la constitution de stocks tout au long de l’année afin d’anticiper les périodes de forte demande.

Selon lui, les craintes liées à l’application des textes relatifs à la lutte contre la spéculation auraient toutefois freiné certaines opérations de stockage.

Le député a aussi lié la réforme de la législation sur les chèques à la diminution du recours aux chèques de garantie entre producteurs et distributeurs, ce qui aurait, selon son analyse, affecté les achats et les stocks.

Les éléments exposés dans l’entretien ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir que ces réformes constituent la cause directe de la pénurie observée.

Distribution dans les grandes surfaces

Le député a rappelé que le ministère du Commerce avait eu recours à des solutions conjoncturelles, notamment à la distribution d’une partie des quantités d’eau en bouteille via les grandes surfaces.

Il a toutefois souligné que de nombreux quartiers et délégations ne disposent pas de ce type de commerces, ce qui aurait limité la portée du dispositif dans certaines zones.

Station de dessalement de Gargour : jusqu’à 100 000 m³ par jour

Concernant Sfax, Tarek Mehdi a évoqué les fuites qui touchent encore le réseau de transport et de distribution de l’eau potable.

Il a néanmoins estimé que la mise en service de la station de dessalement de Gargour avait considérablement renforcé l’approvisionnement d’une partie du gouvernorat.

Selon les chiffres qu’il a fournis, la capacité initiale de la station atteint 50 000 m³ par jour.

Dans une seconde phase, elle doit être portée à 100 000 m³ par jour.

208 millions de dinars pour améliorer la distribution de l’eau

Tarek Mehdi a ensuite évoqué un ensemble de projets destinés à améliorer l’efficacité du réseau d’eau.

L’un d’eux concernerait les gouvernorats de Sfax, Kébili et Tozeur et représenterait, selon lui, une enveloppe globale de 208 millions de dinars.

Il a également cité le sixième lot du projet de dessalement de Sfax, qui comprendrait :

25 kilomètres de conduites ;
la création de réservoirs d’une capacité de 10 000 m³ ;
la construction de deux stations de déferrisation ;
une enveloppe globale estimée à 146 millions de dinars.

Le député a par ailleurs évoqué le projet de raccordement de la partie sud du gouvernorat de Sfax à la station de dessalement, pour un coût estimé à 53 millions de dinars.

Il a aussi cité un projet d’alimentation en eau potable de la zone de Gargour, mené, selon lui, en coopération avec le Commissariat régional au développement agricole.

Un déficit électrique estimé entre 1 000 et 2 000 MW

Tarek Mehdi a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre la Sonede et la Steg.

Selon lui, le traitement des perturbations de l’eau ne peut être dissocié de l’état du système électrique.

Il a affirmé que le déficit enregistré au niveau de la production électrique se situerait entre 1 000 et 2 000 MW.

Il a également rappelé que la Tunisie importe de l’électricité d’Algérie et précisé qu’il s’agit d’achats commerciaux.

Des besoins estimés entre 1 000 et 1 200 MW en période de pointe

Le député a indiqué qu’il était prévu, selon lui, de renforcer le réseau tunisien cette année avec 800 MW d’électricité importée.

Il a ajouté que l’Algérie aurait fourni, dans un premier temps, environ 600 MW, dans un contexte de forte demande intérieure liée à la chaleur.

Tarek Mehdi a estimé que les besoins de la Tunisie pouvaient atteindre entre 1 000 et 1 200 MW durant les périodes de pointe.

Il a également souligné que la hausse des températures avait accru la consommation et réduit l’efficacité de certains équipements de production.

Selon son analyse, le délestage aurait alors été utilisé afin d’éviter une déstabilisation plus importante du réseau.

Cinq entreprises étrangères et 598 MW supplémentaires

Dans le cadre du renforcement de la production électrique, Tarek Mehdi a indiqué que l’Assemblée avait approuvé des projets de concession représentant, selon les chiffres qu’il a avancés, 1,6 milliard de dinars.

Ces projets seraient réalisés par cinq entreprises étrangères et permettraient d’ajouter une capacité totale de 598 MW.

Le député a également affirmé que l’électricité produite dans ce cadre serait achetée à un coût inférieur au tiers de celui de la production à base de gaz.

Il a parallèlement évoqué plusieurs projets d’investisseurs tunisiens dans l’énergie solaire.

Tout en soulignant leur importance, il a rappelé que la production solaire reste variable et dépendante des conditions météorologiques, d’où, selon lui, la nécessité de conserver des capacités de production pilotables.

Pont de la route de Mahdia : le dernier lot proche de l’achèvement

Sur le volet des infrastructures routières, Tarek Mehdi a indiqué que plusieurs projets longtemps retardés étaient désormais entrés dans une phase d’exécution effective.

Il a notamment cité le pont de la route de Mahdia, dont le dernier lot devrait, selon ses prévisions, être prochainement achevé après plusieurs années de retard.

Il a expliqué que la reprise du chantier avait été rendue possible par un travail de coordination avec le ministère de l’Équipement et de l’Habitat ainsi qu’avec la direction régionale de l’Équipement.

Il a également cité l’ingénieure Imène Bahroun, chargée des grands projets routiers et des ouvrages d’art, parmi les responsables impliqués dans le suivi du dossier.

Entrée nord-sud : un projet relancé

Tarek Mehdi a aussi livré de nouvelles informations sur le projet de l’entrée nord-sud de Sfax, du côté nord de la ville.

Selon lui, après une période d’arrêt, le marché a été attribué à des entreprises tunisiennes et le bailleur de fonds a accepté de reprendre le financement.

Certaines difficultés resteraient encore à régler.

Le député prévoit un démarrage des travaux durant le troisième trimestre de l’année.

Des composantes liées au métro de Sfax

Selon Tarek Mehdi, l’entrée nord-sud constituera, une fois achevée, un axe majeur d’accès à la ville de Sfax.

Il a également indiqué que le projet comprendrait certaines composantes liées au métro de Sfax.

Le député a, en parallèle, évoqué une extension du plan d’aménagement urbain jusqu’à la rocade n°11.

Une rocade entre Sidi Mansour et la route de Gabès

Selon les explications fournies, la rocade n°11 doit relier la route de Sidi Mansour à la route de Gabès.

Elle traverserait plusieurs grands axes du gouvernorat tout en assurant une connexion avec les routes nationales et l’autoroute.

Tarek Mehdi estime que cette infrastructure pourrait contribuer à réorganiser l’expansion urbaine et économique de Sfax.

Vers une nouvelle zone industrielle en périphérie

Le député a également évoqué un projet de développement de la zone située autour de la rocade afin d’en faire un nouvel espace industriel proche de l’autoroute et des principaux axes interrégionaux.

Selon lui, le transfert d’une partie des activités industrielles hors du centre-ville permettrait d’alléger la pression sur les zones industrielles existantes et de réduire la congestion routière.

Tarek Mehdi a conclu en appelant les services chargés de l’urbanisme, du logement et de l’équipement à accélérer les procédures, estimant que les projets liés à l’eau, au transport, aux routes et à l’aménagement urbain constituent des leviers essentiels pour le développement futur de Sfax.

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Auteur: Donia Zeghidi
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