Pédophilie
Il a douze ans, une peur immense et un secret trop lourd à porter. Pour acheter le silence de celui qui le faisait chanter, il volait, en silence lui aussi, quelques billets du portefeuille de son père. C’est cette disparition d’argent qui a fini, la semaine dernière, par tout faire craquer et par révéler, derrière la façade d’un salon de coiffure situé à Errachidia, l’existence d’une pièce où un jeune homme de vingt ans s’était cru à l’abri de tout.
Il a fallu la disparition de quelques billets de banque pour que l’horreur éclate au grand jour. C’est dans la ville d’Errachidia, capitale de la région Drâa-Tafilalet, que ce père de famille a remarqué la disparition répétée d’argent à son domicile, d’une somme globale de cinq mille dirhams. Une première de trois mille dirhams et la seconde de deux mille. Qui les a subtilisés ? Chez lui, il n’y a que son épouse et son fils de douze ans. En fait, son épouse n’a jamais touché un sou ni de sa poche, ni de son portefeuille. Bref, le fils a été pointé du doigt. C’est ainsi qu’il a décidé de l’interroger. Dos au mur, l’enfant s’est mis à table. Mais ce qu’il lui confie dépasse l’imagination.
En effet, derrière les murs d’un salon de coiffure en apparence banal, se trouvait une pièce. Un petit coin que le coiffeur, un homme d’une vingtaine d’années, avait aménagé et qu’il tenait à ce que personne ne sache son existence. C’est là qu’il avait attiré l’enfant, loin des regards et du monde. Et c’est là qu’il avait commis une agression sexuelle d’une violence froide et calculée, mais sous les yeux d’un autre enfant, camarade de la victime, présent ce jour-là. Mais ce témoin silencieux ne l’était qu’en apparence. Loin de porter secours à son ami, il avait sorti son téléphone et filmé la scène. Ce geste, d’une cruauté à peine concevable pour son âge, allait se transformer en arme. Les menaces ne tardent pas. Il met l’enfant entre l’enclume de payer et le marteau de la diffusion du vidéo. La victime, tétanisée par la honte et la peur, avait choisi de se taire et de céder.
Pour acheter ce silence, il avait puisé, en cachette, dans le portefeuille familial, encore et encore, jusqu’à ce que l’absence des billets trahisse ce que les mots n’avaient pas pu dire. Le récit de l’enfant déclenche une onde de choc. Saisie par le parquet général, la Gendarmerie royale d’Errachidia ouvre immédiatement une enquête. Les enquêteurs se rendent sur place et trouvent ce que les déclarations laissaient présager. La fameuse pièce, nichée au fond du salon, qui ne servait manifestement pas à couper des cheveux. Les investigations confirment qu’elle constituait le théâtre habituel des agissements du mis en cause. Vient ensuite le moment de la confrontation. Placé face à la vidéo, le coiffeur se retrouve pris au piège de ses propres actes. Les dénégations ne tiennent plus. Les preuves parlent à sa place. Le parquet général près la Cour d’appel d’Errachidia décide alors de le mettre entre les mains du juge d’instruction qui a décidé de le maintenir en détention préventive. L’enfant qui a filmé la scène a fait également l’objet d’un suivi judiciaire. Mais, l’enquête se poursuit encore. Car plusieurs questions doivent avoir des réponses pour savoir si la victime qui a révélé les agissements du coiffeur est la seule.
Auteur: Abderrafii ALOUMLIKI
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