Allié avec Podemos, Pedro Sanchez se maintient au pouvoir

Prochain gouvernement, large programme

espagne-politique-072.jpg

Au programme du futur gouvernement espagnol de coalition entre les socialistes de Pedro Sanchez et la gauche radicale de Podemos figurent une hausse des impôts des plus riches, détricoter la réforme controversée du marché du travail et augmenter les salaires… (Ph. AFP)

Le socialiste Pedro Sanchez a prêté serment, hier mercredi, comme chef de gouvernement devant le roi d’Espagne Felipe VI. Et ce, au lendemain de son investiture par les députés à la tête d’une coalition avec la gauche radicale de Podemos.

Sanchez a juré de respecter la Constitution espagnole au cours d’une cérémonie au palais de la Zarzuela sans bible ni crucifix. La composition du gouvernement sera annoncée la semaine prochaine.

Vainqueur affaibli des élections législatives du 10 novembre, Sanchez a obtenu mardi 7 janvier de justesse la confiance des députés (167 voix pour, 165 contre, 18 abstentions) pour se maintenir au pouvoir. Ce qui a mis fin à de longs mois de paralysie politique. Il expédiait les affaires courantes depuis le mois de mars après l’explosion de la majorité bancale qui l’avait porté au pouvoir en renversant lors d’une motion de censure le conservateur Mariano Rajoy.

Déjà vainqueur d’un précédent scrutin en avril, Sanchez n’était pas parvenu à obtenir suffisamment de soutiens pour être investi par la Chambre des députés. Ce qui avait entraîné la convocation d’un nouveau scrutin.

Son futur gouvernement  inclura plusieurs ministres de Podemos. Sa première tâche sera de mettre fin à l’instabilité chronique. Celle-ci mine depuis 2015 la quatrième économie de la zone euro, où quatre élections législatives ont eu lieu en quatre ans. La nouvelle équipe ne pourra compter que sur 155 députés socialistes et Podemos. Elle devra négocier d’arrache-pied le vote de toutes ses lois et en premier lieu du budget.

Le programme promet un virage à gauche: hausse du salaire minimum, alourdissement de la fiscalité pour les plus riches et les grandes entreprises, abrogation partielle de la réforme controversée du marché du travail adoptée en 2012 par les conservateurs ou encore encadrement des loyers dans les villes où ils flambent.

Gouvernement minoritaire, tensions en Catalogne, ralentissement économique… Pour de nombreux experts, le paysage politique reste complexe. En échange de l’abstention du parti séparatiste catalan ERC, les socialistes ont promis la tenue d’une négociation entre le gouvernement central et l’exécutif régional indépendantiste pour résoudre le conflit politique sur l’avenir de la Catalogne.

F. Z. T.  

 

Auteur: hlafriqi
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.