Initié sous le thème « Essaouira, le refuge préservé du Faucon d’Eléonore » par l’association GREPOM/Birdlife Maroc, le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, l’Agence nationale des Eaux et Forêts (ANEF) et l’Association Moga Green, avec le soutien de plusieurs partenaires, cet évènement ambitionne de valoriser les résultats des travaux des experts ornithologues et gestionnaires qui participent à la préservation de cet oiseau.

Le festival est aussi l’occasion de travaux et d’échanges entre décideurs nationaux et locaux et acteurs de la préservation de l’espèce et de ses milieux, afin de décider des moyens à mettre en œuvre pour valoriser et pérenniser la préservation de ce patrimoine unique.

S’exprimant à l’ouverture de cet évènement, en présence d’un parterre de chercheurs et d’experts marocains et étrangers, la présidente de l’association GREPOM/Birdlife Maroc, Mme Rhimou El Hamoumi, a expliqué que dans un contexte international où la biodiversité s’érode en raison des activités anthropiques et de la destruction des milieux naturels et où la planète toute entière s’évertue à protéger et à préserver ses écosystèmes et sa biodiversité, « il y a des histoires qui donnent de l’espoir et méritent d’être racontées, comme c’est le cas du faucon d’Eléonore à Mogador ».

Espèce aviaire emblématique des îles méditerranéennes, ce petit rapace porte le nom d’ »Eleonora de Arborea », une princesse guerrière qui a créé les premières lois pour la protection des oiseaux de proie en Europe, a-t-elle fait savoir, ajoutant qu’autrefois menacé jusqu’au point d’avoir presque disparu, cet oiseau a désormais trouvé refuge aux îles d’Essaouira grâce aux efforts et à l’engagement de l’ANEF, des scientifiques et des organisations de la société civile.

Mme El Hamoumi, également enseignante-chercheuse à l’Université Hassan II de Casablanca, a relevé que ce festival vise à contribuer à la préservation durable et à la gestion intégrée de ce site naturel de grande valeur patrimoniale, ainsi qu’à la protection et la préservation de sa biodiversité, notamment le Faucon d’Eléonore.

Ces journées sont aussi l’occasion de rapprocher le grand public du monde des oiseaux et plus particulièrement du Faucon d’Eléonore, de sa migration et de la nécessité de sa préservation en protégeant ses habitats.

Dans une déclaration à M24, la chaîne de l’information en continu de la MAP, le président de l’association Moga Green, M. Hicham Agourd, a, de son côté, mis en relief le programme riche et diversifié de cette manifestation, mettant en avant la portée écologique et la richesse naturelle que représente le site de l’archipel de Mogador.

D’où l’importance, a-t-il enchaîné, de cette initiative d’organiser ce festival afin de faire la lumière sur cette richesse, tout en mettant en relief la place d’avant-garde qu’occupe Essaouira en tant que premier refuge à l’échelle internationale de cette espèce.

Ce festival se veut ainsi une occasion pour la valorisation et la réhabilitation de ce patrimoine naturel unique de la Cité des Alizés, a-t-il dit.

Les autres intervenants au cours de cette séance ont mis l’accent sur la nécessité de la préservation de cette espèce et de ses habitats, insistant sur l’importance de la sensibilisation des citoyens à la centralité de cette espèce en tant que symbole de la ville.

Il est, certes, plus facile de préserver que de restaurer, ont-ils expliqué, tout en se félicitant de l’organisation de ce festival, une initiative écologique par excellence.

Ils se sont également réjouis de voir cette espèce se porter bien à Essaouira, mettant en avant la contribution indéniable du Maroc à la préservation de ce patrimoine écologique mondial.

Le temps fort de cette première journée du festival a été la présentation d’une pièce théâtrale intitulée « Afalkay de Mogador » (Afalkay ou l’oiseau en Amazigh), mise en scène par l’enseignante Majida Amaziyane et interprétée par des élèves.

Un chef-d’œuvre qui a suscité l’admiration de l’assistance et permis de présenter, avec une touche artistique et créative, des données sur cette espèce et de raconter son incroyable histoire et ses multiples singularités : ses aptitudes migratoires inattendues, son cycle de reproduction décalé basé sur les migrations d’autres oiseaux, son régime d’alimentation changeant et d’autres particularités.

Par la suite, il a été procédé à l’organisation d’une rencontre-débat avec des experts, dédiée à l’échange des informations sur les aspects scientifique et technique, ainsi que les étapes franchies dans le processus de la préservation de cette espèce, qui demeure l’un des meilleurs exemples en matière de préservation à travers le monde.

A noter que durant cette première édition, les organisateurs proposent une série d’activités pour informer et sensibiliser les acteurs locaux, habitants, pêcheurs et visiteurs, sur cette espèce et l’importance de la préservation de l’environnement naturel d’Essaouira, ses îles et son littoral.

Au menu figurent des conférences, expositions de peinture et de photographie, des activités d’observation des oiseaux, des cours de peinture, des jeux de piste dans les rues de la Médina et des visites écologiques de sites autour d’Essaouira.

Les îles d’Essaouira abritent la plus importante colonie mondiale de Faucons d’Eléonore, avec aujourd’hui 1.500 couples qui y nichent chaque année.

C’est pour valoriser et pérenniser ce succès de conservation, fruit d’années d’actions et de préservation active de scientifiques et de l’Agence nationale des Eaux et Forêts, appuyés par des coopérations avec des organisations nationales et internationales, qu’intervient ce festival dédié à cette espèce.

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Auteur: Mohammed KOURSI
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