Essaouira – Le Festival « Joudour » (Racines), un événement éclectique dédié aux confréries et Tariqas soufies et à la musique transe, a soufflé sa troisième bougie, jeudi à Dar Souiri, à Essaouira.
Initiée par l’Association Racines pour l’Art et la Culture, avec le concours de plusieurs partenaires, cette nouvelle édition est placée sous le signe »le Soufisme marocain et ses propagations à travers les pays de l’Afrique subsaharienne ».
La séance d’ouverture de ce Festival a été marquée par l’organisation d’un colloque animé par une pléiade de chercheurs et de professeurs dans différentes disciplines, avec au menu une série d’exposés et de présentations traitant de thématiques qui gravitent autour du soufisme marocain et de ses extensions naturelles vers l’Afrique subsaharienne.
Tout en remontant l’histoire des confréries soufies au Maroc et leurs littératures riches en enseignements, les différents intervenants ont insisté sur le rôle pionnier que les Zaouias avaient joué dans le raffermissement de l’ancrage du Maroc en Afrique et ce, depuis de longs siècles, avec tout ce que cela avait engendré comme diffusion des valeurs de l’islam du juste milieu, tel que fondé sur le rite malékite et le dogme achâarite.
Les débats ont porté également sur le rôle rayonnant qu’avait joué Mogador comme passerelle entre le nord et le sud sur les plans civilisationnel, culturel, spirituel, économique voire même politique, avec un focus sur l’ère du commerce caravanier entre Tombouctou et Mogador, et comment ces échanges commerciaux avaient contribué à la consolidation des liens entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.
Ils ont, en outre, puisé dans les archives et annales de l’histoire, différentes preuves à l’appui, pour démontrer la solidité des liens entre le Maroc et l’Afrique et comment le Royaume dispose tout naturellement, et depuis des ères lointaines, d’une légitimité historique inébranlable sur son Sahara.
Pour des raisons de proximité et afin de mieux contribuer à l’animation de la cité des Alizés, cette troisième édition investira plusieurs espaces parmi les plus emblématiques de la médina à savoir l’espace »Ziryab », »Dar Souiri », la Place Moulay El Hassan, ainsi que les locaux de moult confréries de la cité des Alizés.
L’organisation de ce Festival s’inscrit en droite ligne avec la vocation du Maroc en tant que terre des valeurs humaines les plus ancrées de paix, de solidarité, d’ouverture et de tolérance, a confié à la MAP, Abdellah Bouchfira, président de l’Association « Racines pour l’Art et la Culture », faisant observer que la finalité est de contribuer à la pérennisation de cette vocation du Royaume.
L’ambition du Festival est, en outre, de révéler l’apport artistique et culturel des confréries soufies et leur rôle dans le domaine des musiques de transe et du monde, a-t-il expliqué, estimant que la ville d’Essaouira et son histoire riche de cette culture ne peuvent que mettre en valeur la grandeur et la diversité du patrimoine national.
Tout en rappelant la démarche suivie qui consiste à ouvrir des voies à l’implication des jeunes et moins jeunes affiliés ou non à des confréries, il a indiqué que cette manifestation aspire à encourager tous les talents du Maroc à agir dans le cadre d’un processus créatif et solidaire, en vue d’installer un espace de rencontres, d’échange et de dialogue sur l’importance socioculturelle des confréries soufies.
L’événement se veut donc un vecteur dynamique permettant aux expressions artistiques traditionnelles des confréries de se développer, à la fois, dans le cadre de leurs zaouias, mais aussi en tant que spectacles de scène à part entière, a-t-il précisé, émettant le voeu de voir les efforts se multiplier pour une promotion durable de ce patrimoine au profit des générations montantes.
Au menu de ce Festival figure une série d’activités alléchantes et riches en couleurs notamment, des soirées musicales avec l’ensemble « art authentique à la Zaouia El Kadiriya », le »groupe Ossoul Gnaoua », et le groupe »Diam » Salam Africa Rythmo (Sénégal) entre autres.
Les festivaliers seront, trois jours durant, au rendez-vous avec des prestations artistiques signées, entre autres, par »l’Ensemble Soufi Sidi El Rhazi de Madih et Samâa », »le groupe O’Zaman conte philosophique et musical », »le groupe Chabab Fen R’zoune », »Maalem Mohammed Boumazzough », et »Maalem Abdellah Akheraz ».
La projection de films documentaires et une caravane poétique sont des activités parmi d’autres programmées dans le cadre de ce Festival.
Auteur: Meriem IGASS
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