Essaouira, 10/02/2019 (MAP)- Les participants à une rencontre régionale tenue samedi à Essaouira, ont plaidé en faveur d’une implication collective de l’ensemble des acteurs régionaux et locaux en vue de la préservation et la valorisation des zones humides.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’une implication du Conseil régional, des conseils provinciaux et des conseils communaux, ainsi que de l’ensemble des acteurs concernés par la gestion et la préservation de ces espaces écologiques au niveau régional, tout en définissant les mécanismes d’action, de coopération et d’évaluation, selon un rapport ayant sanctionné les travaux de cette rencontre tenue dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale des Zones humides, à l’initiative de la coordination régionale de l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCDD).

Dans ce sens, ils ont estimé indispensable la mise en place d’un comité régional et local chargé des zones humides au niveau de cette partie du territoire national, préconisant l’élaboration d’un document spécial, global et scientifique pour faire connaitre davantage les zones humides au niveau de la région Marrakech-Safi, avec un focus sur la biodiversité qui caractérise cette zone.

Les participants à la réunion d’Essaouira, inscrite dans le cadre d’une série de rencontres similaires programmées tout au long du mois de février, ont souligné également l’importance de la création de Clubs d’Education aux Zones Humides (CEZH).

Ils ont, en outre, insisté sur la nécessité de s’intéresser davantage à d’autres zones humides dans la région en vue des les protéger contre les effets exogènes néfastes.

Placée autour du thème ‘’Pour une grande mobilisation et une gouvernance locale opérationnelle en vue de la protection de nos zones humides’’, la rencontre d’Essaouira a été marquée par la présentation d’une série d’exposés dont celui de la direction régionale des eaux et forêts et de la lutte contre la désertification du Haut Atlas DREFLCD-HA, de la coordination régionale de l’AMCDD, de l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT), section Essaouira, de la Direction Régionale de l’Environnement, et de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech entre autres.

Dans une allocution de circonstance, le directeur régional des Eaux et Forêts de Marrakech-Safi, M. Mohamed Issoual, s’est arrêté sur le rôle de taille joué par les zones humides en tant que ‘’solutions naturelles’’ dans l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets.

Chiffres à l’appui, il a précisé qu’au Maroc on peut dénombrer plus de 300 zones humides sur 400.000 ha, dont 26 sites classés par la convention RAMSAR, notant que depuis la ratification de cette convention par le Royaume, le HCEFLCD (point focal pour l’application de cette convention), a lancé plusieurs projets visant le renforcement des efforts de conservation de la biodiversité des zones humides et la promotion du développement durable local et participatif.

Dans ce sens, l’assistance a pu suivre également un exposé détaillé sur la stratégie nationale des zones humides 2015-2024 élaborée par le HCEFLCD selon une démarche intégrée et participative et ce, en concertation avec les différents partenaires agissant dans cet espace pour mettre en place un plan d’action réalisable à l’horizon 2024.

De son côté, le coordinateur régional Marrakech-Safi de l’AMCDD, Mohamed Al Ifriqui, a mis en avant l’importance de la tenue de ces rencontres dans différentes régions du Royaume, précisant que la région de Marrakech-Safi dispose d’importantes zones humides soit naturelles telles les oueds, marais, sources ou artificielles en l’occurrence les canaux et les lacs des barrages.

Il a, par ailleurs, pointé du doigt la très faible valorisation de ces potentialités régionales, d’autant plus que seuls trois sites humides sont classés et inscrits dans la convention RAMSAR à savoir le barrage Al Massira (Province d’El Kelâa des Sraghna), la Sebkha de Zima (province de Youssoufia), et l’Archipel et les Dunes d’Essaouira.

Et de poursuivre que ces trois sites couvrent une superficie totale de 18760 ha, ce qui reste loin du potentiel réel et de la richesse et la diversité des zones humides dans la région de Marrakech-Safi.

M. Said Boulaanakch, président de la section Essaouira, de l’AESVT a, quant à lui, mis l’accent sur une série d’efforts déployés de manière continue en vue de la protection du site d’Essaouira, rappelant dans ce sens la signature de plusieurs conventions de partenariat.

Initiée en partenariat avec la DREFLCD-HA, l’Agence du Bassin Hydraulique de Tensift (ABHT), le Conseil de la ville d’Essaouira, les Collectivités territoriales de la région de Marrakech-Safi, l’UCAM et des ONG environnementales, cette rencontre a permis de passer en revue une série de contraintes à même de freiner tous les efforts visant la protection et la valorisation des zones humides, soulignant la nécessité de mettre en place un cadre opérationnel de suivi de l’état des Zones Humides (ZH), et de déterminer les mécanismes de coopération entre les parties prenantes, de planification des activités, de suivi et d’évaluation et de mise en place d’une Commission spécialisée dédiée aux ZH.

Les participants à cette rencontre ont pris part aussi à une sortie au circuit des lagunes aménagées dans les dunes d’Essaouira, avec l’encadrement des Eaux et Forêts et de l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT)-section Essaouira.