Il y a ceux qui se savent contagieux mais qui refusent de s’isoler. Ils sont conscients du mal qu’ils pourraient faire à autrui, mais ils y vont. Ils sortent quand même. Parce que, dehors, il y a les fêtes et les enterrements auxquels ils ne peuvent se soustraire. Et il y a les bousculades au marché dont ils ne peuvent se priver. Dehors, il y a un monde qui bouge où des gens, conscients d’être porteurs du virus, mais dont ils supportent les effets, courent, sans état d’âme, contaminer leur prochain. Sinon, comment sortir sain et rentrer sans se douter, avant l’apparition des symptômes, que l’on a chopé le mal qui, entre-temps, aura infecté la maison ? Ce qui choque le plus dans l’affaire, c’est que l’on ne dise pas aux voisins, à l’épicier du coin ou au reste de la famille et aux amis que l’on est malade. Beaucoup des personnes atteintes ne l’avouent pas, sauf au médecin qu’elles courent consulter. Elles le cachent et tiennent absolument à ce que la nouvelle ne transpire pas des murs de la maison. Comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse.
J’avais envie, aujourd’hui, de parler de celles et ceux qui gardent au secret le fait d’avoir été contaminés au Covid-19. Comme si en informer son entourage et toutes les personnes croisées durant ses pérégrinations quotidiennes menaçait de bouleverser les habitudes, de couper du reste du monde ou de changer le regard extérieur à leur égard. Pas question de se tenir à distance ou de courir le risque d’être mis à la marge comme un lépreux. Ne rien dire et surtout ne pas s’interdire de sortir. Faire comme si on était en parfaite santé. Peu importe de continuer à postillonner sur les autres et d’aller et venir au mépris des conséquences et de ceux dont on menace la vie sur son passage.
La responsabilité à l’égard des autres ? Au diable le confinement et les restrictions imposées par une autorité que l’on soupçonne de rouler pour elle-même ! Jusqu’au moment où les gens du quartier entendent hurler les sirènes d’une ambulance venue se garer au pied de l’immeuble. Stupéfait, le voisinage réalise qu’il s’agit du monsieur du 4e étage dont rien ne laissait soupçonner qu’il était atteint.
M. B. 

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