Le département d’Etat américain a affiché ce mardi, pour la première, sa position vis-à-vis des manifestations, quasiment quotidiennes qui secouent le pays depuis quelques jours, pour dire «Non» au 5e mandat et pour le départ du système.

De toute vraisemblance, l’administration américaine ne soutient pas l’option d’un autre mandat pour le président Bouteflika, c’est du moins ce qu’il faudrait comprendre de la sortie du porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, qui a plutôt exprimé son «soutien» au peuple algérien. «Nous suivons de près les mouvements de protestations qui se déroulent en Algérie et nous allons continuer à le faire», a-t-il affirmé avant de préciser que «les Etats-Unis soutiennent le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement». Toutefois, Washington, à travers son porte-parole, n’a soufflé mot sur les motifs des manifestations, ni sur la candidature contestée du président sortant.

Depuis la date historique du 22 février, la presse américaine s’intéresse à ce qui se passe en Algérie et accorde dans ses comptes rendus de l’importance à ces manifestations depuis le début de leur déclenchement. Après le très influent New York Times qui a écrit lundi dernier : «Bouteflika a promis une conférence nationale, le moment pour la convoquer est peut-être venu avant les élections». Une manière de suggérer que le changement doit intervenir maintenant.

Hier, c’était au tour du Washington Post de traiter de la question en soulignant que «les alliés de Bouteflika espèrent peut-être gagner du temps avant son départ. Mais leur légitimité est remise en cause par une jeune génération en colère, sans illusions, et pleinement consciente de l’infirmité du président octogénaire».

Néanmoins, ces commentaires et analyses sont intervenus peu après des déclarations d’une porte-parole de la Commission européenne, appelant au respect de la «liberté d’expression et de réunion» dans le pays. Maja Kocijancic, porte-parole de la Commission européenne, a soutenu lors d’un point presse à Bruxelles que lorsqu’on parle de manifestations, les droits à la liberté d’expression et de réunion sont inscrits dans la Constitution algérienne. «Nous attendons à ce que ces droits puissent être exercés de façon pacifique et soient garantis dans le respect de l’Etat de droit». Maja Kocijancic a également souligné «l’importance du partenariat entre l’UE et l’Algérie» et a réaffirmé l’engagement de Bruxelles «pour continuer à approfondir ses relations dans le but de créer un espace commun de stabilité, de démocratie et de prospérité partagées».

Mardi, plusieurs milliers d’étudiants défilaient à nouveau dans la capitale et dans plusieurs villes d’Algérie contre la 5e candidature réfutant ainsi les promesses du chef de l’Etat de réformer et de ne pas aller au bout de son éventuel nouveau mandat. «Plusieurs candidats ont soumis leur candidature», a constaté Mme Kocijancic précisant qu’«il appartient maintenant au Conseil constitutionnel algérien de confirmer leur conformité par rapport à la Constitution et la loi électorale».

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Auteur: Hicham Chouadria
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