Verser des larmes sur le sort des femmes enseignantes de Bordj-Badji-Mokhtar et, dans le même temps, se délecter des live d’Amir-DZ. 

Une schizophrénie algérienne !

Le môssieur qui préside le FLN — en ce moment — est sacrément gonflé ! D’abord, parce qu’en 2021, le FLN vidé de sa substantifique moelle ose encore s’adresser au peuple. Ensuite, parce que ce qu’il vient de déclarer vous met les bras ballants jusqu’au sol. Jugez-en : « Les législatives du 12 juin marqueront un tournant ! » Ah, les tournants ! Y a Si Baâdji, les tournants, nous en avons connu grâce à vous. Quand j’écris « vous », comprendre cette classe politique unique et fossile qui nous en a fait endurer, des tournants. Jusqu’à la nausée. Vous nous avez entraînés depuis un demi-siècle dans des tournants sans fin. Des virages. Des zigzags. Des pentes dangereuses. Des montées sans fin. Des plats ennuyeux. Des impasses. Et des culs-de-sac infranchissables ! Vous nous promettiez la sortie du tunnel au prochain virage. Et dès un tunnel franchi, vos maçons et entrepreneurs s’affairaient déjà à construire de nouveaux tournants. En empruntant vos tournants et virages, galvanisés par l’indépendance si fraîche et la naïveté de croire en vos talents d’architectes et de bâtisseurs, nous fermions les yeux, la poitrine gonflée d’espoirs de les rouvrir, après le tournant, sur le spectacle d’une Algérie nouvelle enfin en route, en bonne route. Dès les yeux ouverts, nos poitrines dégonflaient comme un soufflet et nous n’avions qu’une envie, rebrousser chemin ! Vous avez réussi le tour de force de réécrire les dictionnaires, remplaçant le mot « embûche » par « tournant ». Avec l’expérience, le temps aidant, nous avons enfin appris. Appris à prendre nos précautions citoyennes. Dès que vous montiez à l’estrade, vous sachant sur le point de cracher à nouveau le mot « tournant » ou son jumeau « virage », nous brandissions nos flacons de Primperan et en avalions de franches rasades ! Comme d’autres quidams agiteraient une botte d’ail à la face de Belzébuth ! Tournez dans vos tournants et vos tourments. Mais tournez-y seuls ! Nos chemins sont déjà ailleurs ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.