Les étudiants ont été rejoints mardi, lors de leur manifestation hebdomadaire organisée depuis le début du Hirak, par les autres catégories sociales ; travailleurs, chômeurs, retraités. Il est clair que le peuple, excédé par les frasques du pouvoir, les scandales financiers à répétition, et le refus de ce pouvoir de partir, s’est fait siennes les revendications estudiantines quant à une demande de changement politique radical et urgent dans le pays. La symbiose entre le peuple et les différentes couches sociales, qu’elles soient celles des étudiants ou de la société civile et des partis, est un avertissement grandeur nature à tous ceux qui veulent jouer les prolongations pour repousser l’échéance d’un changement de gouvernance radical, complet, et qui puisse faire émerger les vraies compétences nationales.

Cette revendication sociale est devenue ces derniers jours le principal crédo des Algériens, qui ne veulent plus vivre les expériences passées et les solutions illusoires, qui viendraient notamment d’une élection présidentielle préparés dans la précipitation, et seulement pour légitimer un probable fait du prince. Les différents acteurs de la société civile, qui s’organisent avec les partis d’opposition et veulent imposer une solution de sortie de crise consensuelle, ne sont pas prêts à abandonner leurs revendications, celles-qui ont fait bouger les forteresses institutionnelles établies par le régime Bouteflika. La rue a donné son verdict, et il ne s’agit plus de temporiser pour aller directement aux solutions que réclament les Algériens, celles-là même qui peuvent servir de fondements à une réelle refondation des institutions du pays, et non pas des simulacres de sortie de crise qui ne tiendront pas le temps d’une mandature. Les voies de sortie de crise ont été obstruées par la mise en place d’un panel de dialogue national dont la mission reste une sorte de « feuille de route » qui impose, ou suggère, une alternative qui n’a pas été envisagée par la société civile et les acteurs politiques, celle du pouvoir.

Les rencontres des acteurs de la société civile programmées dans les prochains jours sont une réponse claire aux tentatives du pouvoir de se réapproprier les revendications populaires pour imposer sa solution, une élection présidentielle autant décriée par l’opposition que par l’opinion publique, pour qui la priorité n’est pas tant des élections, mais un consensus global sur la manière de gérer l’actuelle période de transition, et, surtout, la mise en place d’un gouvernement transitoire, dirigé par des compétences nationales qui n’ont aucun lien avec l’ancien régime. Car autant la revendication populaire et partisane d’un changement politique radical et un autre mode de gouvernance, en particulier la gestion des biens du peuple, les richesses du sous-sol national, est une priorité à concrétiser pour que le pouvoir actuel montre sa bonne foi, autant les procès actuels qui éclaboussent des personnalités de l’ancien régime montrent à quel point le pays était la proie de la gabegie et de la prédation.

Auteur: Boudjedri
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