« Je ne suis plus loin de la sortie. Je suis sur le départ. Je n’ai pas l’excuse de l’ignorance. Je sais que je dois partir ! » Prémonitoire, le président Béji Caïd Essebsi jetais ce vendredi matin 3 mai dernier le froid dans le dos de ses visiteurs. Il avait tenu à recevoir longuement un groupe d’experts tunisiens spécialisés en intelligence artificielle, venus de l’étranger et d’institutions tunisiennes, et s’est ouvert à eux comme pour leur livrer un testament adressé aux générations montantes.

« Bourguiba avait rencontré beaucoup d’ingratitude, commencera-t-il par leur dire. Malgré tout ce qu’il a fait pour le pays. Il faut que les Tunisiens préservent les acquis de la nation, la généralisation de l’instruction et l’émancipation de la femme, dès les premiers jours de l’indépendance, et persévèrent à les enrichir. Ce n’est pas une affaire facile, mais guère impossible. Je suis confiant en la jeunesse.
Je vous demande de travailler avec ceux qui vont succéder et je suis convaincu que la Tunisie s’en sortira.
Si je m’étais porté candidat en 2014, c’était en croyant profondément à la sauvegarde du pays et à la relance, en toute démocratie. Je croyais que c’était facile. A l’œuvre, je me suis rendu compte de la complexité de la tâche. Nous avons perdu, tout au long de ces cinq années qui s’achèvent beaucoup de temps et d’opportunités. Nous avons une constitution et une loi électorale, si elles sont maintenues sans révision, la Tunisie n’avancera pas. Vous devez ne pas laissé tomber votre pays et vous investir à son service. Il ne faut se résigner. La Tunisie peut compter sur ses enfants vaillants. Ne perdez pas patience, ni confiance en l’avenir, il faut vous nourrir d’une grande volonté de résistance et capacité d’agir pour forger le lendemain. »
Ses propos raisonnent encore au palais de Carthage et dans les oreilles de ses visiteurs ce jour-là.
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