Le centre des Archives nationales d’Algérie abritera, jusqu’au 10 juin prochain, l’exposition documentaire «Seconde Guerre mondiale : Ukraine-Algérie». Inaugurée, lundi, par le directeur général des Archives nationales, M. Abdelmadjid Chikhi, l’ambassadeur d’Ukraine en Algérie, S.E.M. Maksym Subkh, en présence de représentants des institutions officielles, des membres du corps diplomatique et les représentants de la communauté ukrainienne, l’exposition, à travers de nombreuses affiches, se veut un témoignage poignant de l’atrocité de la guerre, et notamment de la Seconde Guerre mondiale. Aussi, il sera rappelé que l’Ukraine a payé un prix le plus élevé pour sa victoire.
La perte totale de l’Ukraine durant cette guerre est estimée à 8-10 millions de vies. C’est plus que les pertes humaines subies par la Grande-Bretagne, le Canada, les États-Unis et la France réunis. Dans son discours inaugural, l’ambassadeur d’Ukraine a rappelé que «la Seconde Guerre mondiale est une tragédie universelle, qui a pris la vie de 50 millions de personnes dans le monde entier». Et de préciser que l’Algérie et l’Ukraine n’ont pas été épargnées. Cependant, le diplomate fera part de son regret de voir qu’en se rappelant de la guerre, seules les grandes coalitions sont évoquées. «Nous oublions souvent la contribution concrète des pays dans la victoire sur le nazisme, en particulier l’Algérie et l’Ukraine», dit-il, et d’ajouter que «les grandes puissances, en marquant leur apport incontestable dans la victoire sur le nazisme, oublient souvent le rôle joué par d’autres pays du monde».
D’où l’intérêt de cette exposition, «appelée à montrer que chaque pays a également joué un rôle». De son côté, l’attaché de défense navale et de l’air de l’ambassade d’Ukraine, le lieutenant-colonel Roman Muzychenko, a estimé que «le souvenir de ces évènements est important pour le peuple ukrainien, car seul la mémoire permet de tirer des leçons de cette période tragique». Toutefois, a-t-il ajouté, «nous devons nous rappeler, non seulement de la victoire, mais aussi de son prix, des victimes parmi la population civile, des victimes des répressions, des déportations et des crimes de guerre». Et d’affirmer qu’en «honorant la mémoire de toutes les personnes péries lors des évènements sanglants des années 1939-1945, nous nous rendons compte à nouveau de la vérité amère sur le prix payé par les peuples pour la résistance à l’agression». Dans son discours, le directeur général des Archives nationales a indiqué que cette exposition ouverte au public est une occasion pour rappeler des évènements douloureux qui se sont produits pendant cette période et pour lesquels le peuple ukrainien et les peules des colonies, dont l’Algérie, ont payé le prix fort.
L’Algérie a été obligée d’y prendre part, alors qu’elle n’avait aucune relation avec ces évènements qui se sont déroulés principalement en Europe. Et de rappeler que les évènements tragiques du 8 mai 1945 en sont une des conséquences. Il a aussi annoncé l’organisation prochaine par le centre qu’il dirige d’une grande exposition consacrée à la participation algérienne aux deux Guerres mondiales, pour apporter la lumière sur ce que l’Algérie a payé comme tribu.
N. Kerraz
Auteur: elmoudjahid
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