Le Fonds monétaire international a annoncé le versement d’une aide d’urgence à 25 pays parmi les plus pauvres du monde pour leur permettre d’alléger leur dette et de mieux faire face à l’impact de la pandémie de Covid-19. Les 25 pays sont : l’Afghanistan, le Bénin, le Burkina Faso, la Centrafrique, le Tchad, les Comores, la RD Congo, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, Haïti, le Liberia, Madagascar, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Népal, le Niger, le Rwanda, Sao Tomé-et-Príncipe, la Sierra Leone, les îles Salomon, le Tadjikistan, le Togo et le Yémen.
La situation empire au Kenya
Des femmes et des enfants qui tombent au sol, ensanglantés et piétinés lors d’une distribution de nourriture dans un bidonville de Nairobi, pendant que la police tire des gaz lacrymogènes et charge à coups de bâton.
La scène s’est déroulée dans l’immense bidonville de Kibera, en plein cœur de la capitale kényane. Elle pourrait bien préfigurer la suite, si l’Afrique ne parvenait pas à combiner la lutte contre le nouveau coronavirus et l’aide à des millions de citadins miséreux.
« Je lui donne (au gouvernement) une ou deux semaines avant que la situation n’empire. Pas en terme de coronavirus, mais en terme de faim », déclare à l’AFP Kennedy Odede, directeur de Shining hope for communities (SHOFCO), une organisation locale travaillant à Kibera.
« Si ça continue comme ça, nous pourrions jouer avec le feu », prévient-il.
Pour contenir la propagation du virus, le Kenya a isolé Nairobi et certaines zones côtières du reste du pays, et imposé un couvre-feu nocturne. Ces décisions ont déjà coûté leur emploi à de nombreux Kényans, observe M. Odede.
Le président Uhuru Kenyatta a brandi la menace d’un confinement total pour obliger ses concitoyens à respecter les règles. Mais les officiels reconnaissent que ce serait un choix déchirant alors que 60% des habitants de Nairobi vivent dans des bidonvilles.
« Enfermer les gens dans les bidonvilles sera la dernière option. Il y a beaucoup de choses à faire avant ça », indique à l’AFP, sous couvert d’anonymat, un haut responsable de la sécurité kényane.
Le coronavirus est arrivé tardivement en Afrique. Mais il s’enracine progressivement, avec désormais plus de 15.000 cas et 800 morts recensés sur le continent.
Alors que l’Europe et les États-Unis ont attendu des semaines avant d’agir, l’Afrique a sans tarder fermé ses frontières et interdit les rassemblements de masse.
L’île Maurice, le Rwanda et la Tunisie ont été les premiers à imposer un confinement total, Maurice allant même jusqu’à fermer ses supermarchés et boulangeries pendant 10 jours.
Première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud leur a emboité le pas. Le Nigeria a prolongé lundi pour deux semaines le confinement à Abuja, la capitale fédérale, et Lagos, ville la plus peuplée d’Afrique avec 20 millions d’habitants.
Un confinement ‘intenable’
Dans ces deux villes, des millions de personnes dépendent de l’économie informelle pour survivre.
« La réaction inévitable a été de suivre ce que le reste du monde faisait », remarque Jakkie Cilliers, expert auprès de l’Institute for Security Studies (ISS), qui a appelé les Africains à élaborer leur « propre solution » pour vaincre le virus.
« Un confinement est impossible à mettre en œuvre et est intenable dans la plus grande partie de l’Afrique », argue-t-il. « Vous condamnez les gens à choisir entre mourir de faim ou tomber malades ».
« Dix personnes vivant dans un abri en tôle (…) ne peuvent pas rester trois semaines sans sortir dehors », fait-il valoir.
Toutefois, la plupart des pays africains ont résisté à cette tentation. Madagascar et le Ghana ont ordonné le confinement de certaines villes et régions. Le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Niger ont décrété des états d’urgence et des couvre-feux nocturnes.
Comme le Kenya, le Bénin a isolé des villes. La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Niger ont fait de même avec leurs capitales.
L’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé du continent avec plus de 100 millions d’habitants, a fermé ses frontières terrestres et ses écoles, mais n’a pas restreint les mouvements de la population.
Auteur: letemps1
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