Et dès que la situation commençait à s’améliorer, il y a eu l’épidémie de coronavirus qui a poussé les agences immobilières à baisser rideau. Tel est le constat que dresse le président de la Fédération nationale des agences immobilières, contacté par El Moudjahid.
Noureddine Menasri a expliqué que les agences ne pouvaient pas poursuivre leur activité en ligne durant la période du confinement du fait que les notaires ne travaillaient pas. Il précisé que du côté clientèle, la demande n’y était pas du fait des craintes suscitées par la propagation du Covid-19. «Durant cette période, les gens n’étaient pas portés sur l’achat et la vente. Il y avait uniquement les locataires en fin de contrat», a-t-il souligné. Des propriétaires sont même prêts à louer en baissant les prix compte tenu de la situation.
La Fédération a adressé une lettre au Premier ministère et aux ministères du Commerce et de l’Habitat pour trouver une solution à cette situation. «Il existe actuellement environ 2.000 agences immobilières qui activent à travers le territoire national. Près de 95% des bureaux des agences immobilières sont louées, ce qui est une dépense incompressible.
Ces agences ont des charges à payer ce qui a rendu la situation délicate durant cette période de fermeture imposée suite aux mesures de prévention contre l’épidémie du Covid-19», a révélé le président de la FNAI. Il a rappelé que la fédération avait formulé des propositions pour l’ouverture des agences immobilières avec le strict respect des mesures de prévention et de protection dont le port obligatoire de masque.
Menasri a affirmé que la reprise de l’activité doit se faire avec le respect des mesures barrières pour limiter la propagation du coronavirus et assurer la protection des agents et des clients. Il a annoncé par ailleurs l’organisation prochainement d’une conférence pour évoquer les problèmes que rencontrent les professionnels. Il cite le marché informel et la concurrence déloyale. «Le marché n’est pas entièrement canalisé», a-t-il soutenu, en faisant part de l’existence d’intermédiaires ou de courtiers qui sont devenus des agents immobiliers.
Le président de la FNAI a appelé à l’organisation de l’activité et à la création d’une Chambre nationale des agences immobilières avec une adhésion obligatoire. «La Chambre sera placée sous la tutelle du ministère de l’Habitat pour une meilleure gestion de l’activité.
La fédération a remis un dossier au ministère pour préparer la création de cette Chambre mais il n’y a pas eu de réponse», a-t-il regretté. Il a indiqué que le décret de 2009 réglemente la profession mais pas l’activité. «Les droits et les obligations de l’agent immobilier ne sont pas mentionnés ainsi que le fonctionnement des agences. Le texte n’est pas explicite. Il a juste défini les conditions d’ouverture d’une agence immobilière», a-t-il relevé, mettant l’accent sur l’importance de sa révision.
Menasri a, en outre, insisté sur le passage obligé vers l’agence immobilière pour valider le prix de la transaction, précisant qu’il y a une sous déclaration du prix réel de l’achat et de la vente de 60% en moyenne.
Il a indiqué que la validation du prix pour l’achat ou la vente permettra à l’Etat de récupérer des taxes à hauteur 6% et connaîtra la valeur réelle du parc immobilier. «Il y a un manque à gagner et on doit récupérer cette part ce qui permettra d’éliminer le problème du courtier responsable des surenchères qui sera écarté du circuit de la transaction», a conclu le président de la FNAI.
Kamélia Hadjib
Auteur: elmoudjahid
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