«La pandémie du coronavirus menace sérieusement l’activité touristique dans la capitale spirituelle et bien au-delà». C’est ce qu’affirme Aziz Lebbar, président du CRT de Fès et également premier opérateur du secteur au niveau de la ville. Selon lui, «les annulations des réservations et la crise qui plane sur le tourisme nécessitent une intervention gouvernementale urgente, efficace et efficiente».
Car, au manque de visibilité et à l’absence de recettes, s’ajoutent les charges fixes (salaires, cotisations sociales, taxes et impôts) que les professionnels ne peuvent supporter sans l’appui de l’Etat et des banques. «Il y a des tour opérateurs qui demandent un différé de paiement d’un an… le temps que la crise du Covid-19 soit surmontée», indique le patron du Conseil régional du tourisme.
Même son de cloche auprès de Rachid El Azami, président de l’association régionale des riads et maisons touristiques, pour qui «les mesures et restrictions prises à l’international (Europe, USA, Asie, et Israël) ont conduit à l’annulation de la totalité des réservations».
Parlant d’un secteur en «faillite», El Azami ne cache pas ses craintes quant à l’avenir d’une bonne partie d’investisseurs dans l’hôtellerie de charme. «Plusieurs d’entre eux devraient sacrifier leur personnel, renégocier le remboursement des crédits bancaires, outre demander un rééchelonnement des impôts et taxes», renchérit le président de l’association.
Du côté des hôtels classés, la situation est alarmante. «Nous étions à 30% d’annulations. Mais, celles-ci se sont accrues après la déclaration du président Donald Trump», confie un directeur d’un 5 étoiles. Et d’ajouter: «ce jeudi, les touristes allemands et anglais encore présents sur le sol marocain font tourner la machine… mais, dès la semaine prochaine, ce sera le vide absolu».
Un autre responsable d’hôtel souligne que nombre de touristes ont repoussé leur réservation vers le mois de juin. En attendant, Aziz Lebbar propose d’encourager le tourisme interne. Ceci, en offrant «une tarification préférentielle aux visiteurs nationaux».
«Nous devons séduire les 500.000 touristes marocains qui partent en vacances en Espagne. Il faut leur donner l’occasion de mieux découvrir les différentes régions du Royaume, et particulièrement la médina de Fès, son patrimoine renouvelé et son arrière pays», estime le président du CRT de Fès. Et d’ajouter: «l’ancienne médina leur offrira une belle expérience de vie, la culture ancestrale, l’art culinaire traditionnel, et l’animation typique».
Pour ce dernier volet, nous avons appris que «le report de certaines manifestations culturelles et artistiques de juin à septembre est à l’étude». Ceci, pour éviter de s’engager avec des artistes internationaux et les payer alors que leurs spectacles pourraient être annulés pour cause du coronavirus.
De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI
Auteur: hlafriqi
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.
