Essaouira – Les belles surprises de la 16è édition du Festival des Andalousies Atlantiques se sont poursuivies, vendredi soir à Essaouira, avec un concert de toute beauté, mettant en lumière le flamenco et la musique andalouse, dans une symbiose inouïe.

C’est à la mythique Place El Menzah que des festivaliers par milliers, issus des quatre coins du monde, de différentes cultures et religions, ont bien voulu converger, le temps d’accueillir comme il se doit, la Compania Léonor Leal dans un spectacle de haute facture. Une véritable incursion dans la diversité des grands tablaos de l’école andalouse du flamenco.

La Compania Léonor Leal, rappelle-t-on, est très plébiscitée par la Biennale du Flamenco de Séville et par les Festivals de Madrid.

Il s’agit d’une véritable immersion dans la beauté et la magie d’un genre musical où les rythmes et sonorités synchronisés ne peuvent que susciter bonheur et admiration d’un public qui a fait confiance à Essaouira, en s’y rendant nombreux pour assister à ce spectacle qui a eu pour fil d’Ariane les chorégraphies, et les flamboyances des tableaux du peintre Julio Romero de Torres.

Une belle soirée au coeur de la cité des Alizés pour illustrer combien l’histoire, la culture, la symbiose de l’âge d’or et d’aujourd’hui, unissent Marocains et Espagnols. Un spectacle haut en couleurs où musiques, chants et chorégraphies visuelles figuraient au programme.

Par la suite, la Compania Léonor Leal a cédé la place à l’Orchestre « Rawafid Moussiquiya », sous la direction de Omar Mettioui, en décidant de faire une offrande au public souiri et à ses invités, le temps de les faire revivre cette époque glorieuse, où Essaouira disait aux mélomanes les plus exigeants la créativité et la singularité du chant et de la musique andalouse qui, dès la fin du 18è siècle, avait élu domicile au bord de l’Atlantique.

L’Ensemble « Rawafid » de Tanger, créé en 1994, est formé d’un nombre variable de musiciens traditionnels, originaires de la ville du Détroit. L’originalité du groupe reste sa défense, sa sauvegarde et son développement du patrimoine musical andalou-maghrébin. Cet ensemble tente de revisiter l’instrumentarium de ce répertoire en déclinant des instruments à son fixe.

Par ailleurs, l’interprétation vocale reste fidèle au style des maîtres. Le premier enregistrement de cet ensemble a été réalisé par Pneuma/Spain en 1997.

« Rawafid » bénéficie d’une reconnaissance nationale et participe aux manifestations de plusieurs associations du Maroc. Il collabore avec la musicienne internationale Begona Olavide et le luthier espagnol Carlos Paniagua pour la reconstruction du patrimoine musical commun entre le sud de l’Europe et le Maroc.

Cerise sur le gâteau et pour clore ce concert en beauté, la Compania Léonor Leal et l’Orchestre « Rawafid » n’ont pas trouvé mieux que d’investir ensemble la scène pour créer conjointement une fusion si authentique, festive et combien conviviale entre « la Nouba Andalouse » et la « Danse Flamenca ».

Un vrai moment de bonheur durant lequel musiques, textes et danses s’unissent pour ne faire qu’un tout indivisible. Un spectacle singulier qui restera à jamais dans les annales du Festival des Andalousies Atlantiques et combien gravé dans les coeurs des aficionados de ces musiques authentiques et raffinées, dont l’humanisme, l’ouverture et le partage forment la genèse.

A noter que cette soirée musicale a été rehaussée par la présence notamment du Conseiller de Sa Majesté le Roi et Président-Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, André Azoulay, du Secrétaire Général du Conseil des Communautés Israélites du Maroc, Serge Berdugo, ainsi que d’une forte délégation espagnole composée, en particulier, de la ministre régionale de la culture et du patrimoine historique du gouvernement d’Andalousie, Mme Patricia Del Pozo Fernandez, de l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Ricardo Diez-Hochleitner, du président de la Biennale du Flamenco à Séville, M. Antono Zoido, ainsi que d’autres personnalités.

Auteur: Meriem IGASS
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