03/02/2019 – Les mélomanes de la musique arabo-andalouse ont été gratifiés, samedi soir à Oujda, d’un grand concert mémorable exécuté par des troupes maghrébines de musique andalouse, et ce, à l’occasion de la 10ème édition du festival Rabie Al Andalous (2-3 février).

Devant un public venu nombreux au théâtre Mohammed VI se délecter à cœur joie la musique ancestrale « Al Ala », ce spectacle de haute volée, organisé par l’association Nassim Al Andalous de la musique gharnatie, a pu restituer tout le prestige du passé et du présent de la musique andalouse, à travers des chansons sublimes interprétées avec maestria par des références maghrébines de la musique Gharnati.

A l’entame de cette soirée artistique, les musiciens de Nassim Al Andalous, sous la direction du maître Omar Chahid, ont emporté l’assistance dans un monde empreint de romance, d’amour et de joie, en interprétant nombre de partitions dont la fameuse Nouba « Al Gharib ».

Les férus de ce genre musical ont eu droit par la suite à des partitions chantées par l’Orchestre maghrébin de la musique andalouse, composé d’artistes représentant le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, ayant livré une composition harmonieuse des plus beaux chants extraits du riche répertoire de la musique gharnatie et du Maalouf tunisien avant de céder la place à la troupe Abdelkrim Dali (Algérie) sous la direction de Ouahiba Dali qui a réussi à plonger les mélomanes dans un authentique voyage spirituel de méditation et de magie.

A travers cette soirée grandiose, qui a tenu toutes ses promesses, le public, littéralement conquis et enchantés, a vécu, deux heures durant, de véritables moments de convivialité, de spiritualité et de partage qu’ils ne sont pas prêts d’oublier de sitôt.

« Cet événement tant musical que culturel, permet au public de découvrir les différentes facettes de cet art, grâce à une brochette d’artistes maghrébins qui ont su donner une valeur ajoutée à ce patrimoine », explique à la MAP, M. Chahid, également président du festival, ajoutant que cette édition connait la participation, pour la première fois, de l’orchestre maghrébin dont la singularité est de pouvoir adopter trois écoles de la musique andalouse représentant le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

Et d’ajouter que l’association Nassim Al Andalous a participé à une multitude de manifestations artistiques au Maroc et ailleurs, le but étant d’assurer le rayonnement de cet art ancestral et de se mettre en contact avec les autres associations actives dans la sauvegarde de la musique andalouse.

Pour sa part, l’Algérien Ali Ouameur, membre fondateur de l’Orchestre maghrébin de la musique andalouse, a affirmé que cet orchestre a déjà fait quatre représentations dont deux au Maroc et autant en Algérie, et projette également de se produire en Tunisie, en France, au Canada et au Sénégal.

Cet artiste, installé à Casablanca, a indiqué que de tels événements ambitionnent de perpétuer et de préserver l’art authentique de la musique andalouse et contribuent à la promotion des valeurs de tolérance, de paix et de rapprochement entre les peuples.

« La musique est une langue universelle qui peut réunir les peuples », a, de son côté, estimé l’artiste tunisienne Syrine Benmoussa, notant que l’organisation de spectacles musicaux par l’orchestre maghrébin de la musique andalouse se veut une initiative louable susceptible de sauvegarder cet art ancestral qui revoit à l’amour, la paix et l’union.