Quasiment tous les secteurs de l’économie sont impactés par une hausse des coûts de production ou d’approvisionnement: fret (+ de 400 % de hausse), clinker (+ de 80%), le blé dur (+ de 40%), huile de palme (+ de 65%), les engrais (+ de 72%), le maïs (+ de 72%), l’orge (+ de 65%) etc. Ces chiffres du surenchérissement des produits et services à l’importation ont été rendus publics ce 1er octobre 2021 par le Président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), lors d’une rencontre avec le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Une concertation de crise, pour le membre du gouvernement.

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Avec 750 entreprises et une vingtaine d’organisations socio-professionnelles, 76,8 % du chiffre d’affaires des entreprises modernes au Cameroun, 54,3% des effectifs d’employés, une contribution de plus de 70% aux recettes fiscales, le Gicam subit de plein fouet les affres de la conjoncture économique mondiale causée par le Covid-19. «La tension haussière va persister jusqu’en 2022 sur l’effet de la poursuite de la reprise post-Covid 19», a indiqué Célestin Tawamba.

Les conséquences de la crise sont en effet lourdes pour les entreprises qui déplorent également la baisse de leurs capacités financières, l’annulation des commandes par les clients, une baisse de stock, la rupture des approvisionnements, voire des licenciements et des mises en chômage technique du personnel etc. «La situation est devenue incontrôlable et les entreprises camerounaises sont à bout de souffle», a ajouté le Président du Gicam. Suivi par les représentants de plusieurs secteurs de l’économie nationale : l’industrie textile, le secteur pharmaceutique, l’import-export, les transports, l’agro-alimentaire, l’industrie brassicole, le secteur hôtelier ou les professionnels du pétrole. La concentration entre le patronat camerounais et le ministre du commerce a permis d’explorer des solutions pour une maîtrise contrôlée des prix des denrées de consommation en tenant compte de la conjoncture actuelle.

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Le Gicam propose ainsi aux pouvoirs publics une répercussion intégrale de la hausse des coûts de production sur le prix de vente ou le partage des charges entre l’Etat, les entreprises et les consommateurs.

«Nous voulons préserver la paix sociale et maintenir le fragile équilibre industriel du Cameroun. C’est la raison pour laquelle j’en appelle au sens des responsabilités des entreprises, des consommateurs et des populations». Toutefois, Célestin Tawamba reconnaît «la faiblesse du pouvoir d’achat des camerounais», en rassurant sur l’éventualité d’une hausse des prix des denrées «comme dernière solution». Le Gicam propose par ailleurs au gouvernement, un ajustement limité des prix de vente, des subventions partielles, des allègements fiscaux (réduction du taux de TVA, allègement ou suspension de l’acompte dans certains secteurs, suspension des contrôles etc.), la suspension des taxes parafiscales et de certaines taxes portuaires, la réadaptation des appuis Covid 19 au secteur stratégique, la réactivation et/ou le maintien en 2022 des mesures exceptionnelles instaurées en 2021.

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«Je reconnais la pertinence des préoccupations du secteur privé. Nous sommes en effet de crise. Le Cameroun est un pays qui importe massivement. Les préoccupations du secteur privé sont justifiées par les circonstances exceptionnelles sur le plan mondial. Nous allons trouver les solutions appropriées pour éviter une flambée des prix et des tensions sociales. Faites-moi des propositions précises que je répercuterai à qui de droit», a indiqué le Magloire Mbarga Atangana. Rassurant lui aussi sur un contrôle systématique des prix des produits dans les différents marchés du Cameroun par la Brigade nationale des contrôles et de répression de la fraude du Ministère du commerce.

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Auteur: Georges Semey
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