Est-ce la fin d’une époque, et le début d’une autre pour le FLN, qui élira demain son nouveau secrétaire général parmi les 12 candidats en compétition ? La question se pose en effet, même s’il est évident que le doyen des partis, qui a toujours évolué au sein du sérail, s’apprête à faire l’objet de mutations profondes devant se traduire par une nouvelle ligne de conduite et peut-être même décider de son avenir.

En d’autres termes, la poursuite, demain, des travaux de la session du Comité central, interrompus, rappelle-t-on, la semaine dernière, place le FLN face un nouveau virage qui n’est pas simple à négocier. Et pour cause, ayant constitué, des années durant, un soutien indéfectible du président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika, voire le fidèle promoteur de sa politique tout au long de ses quatre mandats, dont le dernier a été écourté en raison de la pression populaire, l’enjeu de l’heure pour le FLN est de s’adapter à la nouvelle donne, où il est question d’un changement radical du système, comme le peuple ne cesse de le réclamer à travers une dynamique de manifestations pacifiques. C’est d’ailleurs en raison de ce contexte, que l’ouverture des travaux de la session du Comité central, mardi dernier au Centre international des conférences, s’est déroulée dans un climat de tension ayant conduit au report, pour demain, de l’élection d’un nouveau SG, en remplacement de Djamel Ould-Abbès. Ce dernier, absent à l’ouverture des travaux, sera-t-il présent demain ? Ould-Abbès n’est pas candidat pour succéder à lui-même au poste de SG du parti, il a fait l’objet d’un retrait de confiance décidé à l’unanimité par les membres du comité central, qui ont aussi gelé sa qualité de membre au sein de cette instance. Désigné sénateur dans le cadre du tiers présidentiel, une procédure de levée d’immunité parlementaire a été, par ailleurs, engagée à son encontre, en perspective de sa comparution devant la justice, dans le cadre l’opération «mains propres» enclenchée depuis quelques jours. Cela étant dit, les candidats en course pour lui succéder au poste de SG sont au nombre d’une douzaine, dont les dossiers ont été approuvés par le comité de candidature installé mardi dernier. Il s’agit d’Ahmed Kharchi, Djamel Benhaouda, Ali Seddiki, Mohamed Djellab, Saïd Bouhadja, Mustapha Mazouzi, Abdelhamid Si Affif, Saïd Bendaida, Mohamed Djemaï, Abdoul Fadhl Badji, Hocine Khaldoune et du jeune journaliste et sénateur du parti, Fouad Sebouta. Aller vers l’élection d’un nouveau secrétaire général «intègre et loyal», dans le cadre d’un processus où le dernier mot reviendra à l’urne, a été le voeu émis, la semaine dernière, par nombre de militants du comité central. Ces derniers ont aussi exigé que le prochain SG puisse répondre au profil «de véritable militant de la base qui n’est pas impliqué dans des affaires de corruption». «Les membres du comité sont convenus de choisir souverainement un nouveau secrétaire général sans favoritisme et loin des pratiques qu’a connues le parti en de pareilles occasions», ont aussi plaidé d’autres militants. Dans leur totalité, les membres du comité central du parti ont déjà rejeté la candidature de ministres ou d’anciens responsables au poste de SG. Ils se disent ainsi convaincus de la nécessité de consacrer une réelle rupture avec les anciennes pratiques du parti, à travers, notamment, le rajeunissement de ses cadres dirigeants et une meilleure transparence dans la gestion de ses affaires internes.
    Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.