L’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) revient au-devant de la scène nationale en pleine crise politique. Longtemps réduite à un simple rôle de soutien et d’accompagnement des régimes successifs, cette organisation enchaîne depuis le début du hirak, le 22 février dernier, les sorties médiatiques de plus en plus tonitruantes, s’exprimant sur la crise et bien au-delà. S’inspirant visiblement des appels des manifestants, l’ONM demande la protection du FLN historique de toute utilisation politique.
Elle met en avant la symbolique de ce sigle, qui appartient à tous les Algériens, et exige dans ce sillage d’«être enlevé à ceux qui l’utilisent d’une manière illégitime». C’est pour de nombreux observateurs une déclaration de «guerre» au parti du FLN, mis à mal dans ce contexte révolutionnaire. Cette organisation relève ainsi l’impérieuse nécessité de soustraire ce sigle à toute exploitation politicienne en le classant comme patrimoine historique national. Traversée par différents courants politiques, l’ONM n’a jamais été un «soutien franc» du parti FLN. Silencieuse depuis de longues années sur ce sujet, elle a néanmoins gardé ses distances avec l’ex-parti unique. Aujourd’hui plus que jamais, l’ONM semble jouir d’une plus grande liberté de ton, lui permettant de dire haut et fort ce que d’autres pensent tout bas. Il s’agit pour cette organisation d’anciens maquisards de jouer un rôle positif dans ce contexte de crise politique inédit que vit l’Algérie.
Par son nouveau discours sur le FLN historique, l’ONM semble appuyer les voix de ceux qui réclament, non pas la dissolution du parti FLN actuel, mais de lui changer de dénomination afin de cesser l’amalgame entre cette formation politique et le FLN historique. Avec son nouveau discours osé, l’ONM se met au-devant de la scène politique. C’est ainsi qu’elle réclame l’application des articles 7 et 8, pour aller vers une période de transition. Ce changement de ton est-il lié à la personne du secrétaire général par intérim, Mohand Ouamar Benelhadj ? On le saura bientôt. Mais il est clair que ce dernier donne plus de visibilité médiatique à l’ONM, plaidant, entre autres, «pour l’implication de tous les acteurs dans la proposition de mécanismes pratiques, transparents et réalistes garantissant le passage d’une situation exceptionnelle à une autre normale, donnant au pays l’opportunité d’engager de profondes perspectives permettant à notre peuple de réaliser un véritable développement national, répondant à ses aspirations». Pour l’ONM, le dénouement passe impérativement par le dialogue national ou la conférence nationale qui conduiront «au plébiscite d’une personnalité nationale crédible et consensuelle pour assumer la gestion de la période après application de l’article 102 de la Constitution».
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Auteur: Hicham Chouadria
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