C’est, sans conteste, avec l’un des plus beaux stands du Salon, que l’Algérie participe à la 42e édition de la Foire internationale du tourisme
de Budapest (Hongrie), qui s’est ouverte, jeudi, au prestigieux centre d’exposition HUNGEXPO Budapest Fair Center.
De notre envoyée spéciale :
Amel Zemouri
En sa qualité d’invitée d’honneur, l’Algérie s’est vu attribuer la place centrale de l’exposition pour présenter les multiples facettes de son immense potentiel touristique. Un espace de 100 m² lui a été ainsi réservé. Parsemé de panneaux mauresques et d’images grandeur nature d’espaces naturels algériens, le stand, tout habillé de blanc, a permis à la dizaine d’artisans présents d’exposer, dans un décor épuré, leurs créations, dans un cadre qui met en valeur la haute qualité de notre patrimoine séculaire. La formation andalouse «El-Inchirah» est venue compléter ce tableau atypique, dont la prestation a créé l’événement, en drainant des dizaines de curieux et autres passionnés d’art lyrique.
Organisée par le groupe HTT (Hôtellerie, tourisme, thermalisme), cette manifestation, placée sous le haut patronage du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, a vu la présence des responsables des plus importants organismes du secteur, à l’image de M. Abdelkader Lamri, PDG de l’hôtel El-Aurassi, qui a précisé, de prime abord, que le groupe HTT comprend 17 grandes entreprises, composées de stations thermales et balnéaires, d’hôtels urbains et climatiques. Des structures qui ont connu des rénovations et qui veulent s’inscrire, désormais, dans la dynamique du renouveau touristique.
Pour ce qui est de la participation algérienne à cette édition, M. Lamri nous expliquera que celle-ci entre dans la perspective de développer des relations touristiques entre l’Algérie et une partie des pays d’Europe de l’Est. «Nous allons tout faire pour approcher des tours opérateurs pour leur proposer des alternatives au tourisme de masse. Notre pays a cette qualité d’offrir des prestations différentes, telles que le tourisme culturel, archéologique ou thermal, le balnéaire en hiver, car n’oublions pas que les ressortissants de ces pays aiment nager dans le froid», a-t-il dit. L’autre raison invoquée par M. Lamri, c’est la nécessité de rentabiliser la ligne aérienne Alger-Budapest. Une liaison hebdomadaire assurée par Air Algérie, et qui fait rarement le plein. « Nous avons constaté que des voyagistes européens utilisaient cette ligne pour transporter leurs touristes vers l’Afrique. Ils font escale à Alger et ils vont vers les autres pays, ça leur revient deux fois moins cher. On s’est dit pourquoi ne pas exploiter, nous, ce créneau ?», a ajouté M. Lamri.
250 zones d’expansion touristique, représentant pas moins de 56.000 hectares, à disposition des investisseurs dans le cadre de concessions
Un constat partagé par le DG de l’Office national du tourisme. En effet, pour M. Cheloufi, l’objectif de cette participation est d’attirer davantage de touristes hongrois, qui sont 3,6 millions à se rendre chaque année à l’étranger. «Comme vous le savez, les Hongrois ont été nombreux à se rendre en Algérie dans les années 60, 70 et 80. Ils y ont travaillé comme coopérants techniques. Aussi, ils en gardent une grande nostalgie qu’ils ont transmise à leurs enfants. Ils veulent venir, mais ne savent pas comment. Nous allons donc œuvrer à leur rendre cela possible.» Tablant lui aussi sur cette démarche, M. Belmihoub Noureddine, PDG de l’hôtel El Djazair et membre du goupe HTT, estimera que définir une stratégie visant à répondre aux attentes du marché local à la recherche du dépaysement constitue «une réelle opportunité d’échange et de partenariat avec les opérateurs du tourisme mondial». C’est d’ailleurs dans cette optique que l’ambassadeur d’Algérie en Hongrie s’est démené pour réussir cette participation. Très actif, s’occupant de tout, M. Abdelkader Dehendi, n’a pas tari d’éloges sur l’énorme potentiel touristique et infrastructurel de l’Algérie, lors de son discours inaugural, vantant notamment, et surtout, le retour de la stabilité, le fait que l’Algérie soit désormais l’un des pays les plus sûrs du monde, et bien sûr sa beauté inénarrable. «L’Algérie est l’un des rares pays au monde où vous pouvez vivre les quatre saisons en même temps», a-t-il dit devant un auditoire de hauts responsables du tourisme et voyagistes du monde entier. De son côté, M. Abdelkader Ghouti, conseiller auprès du ministre du Tourisme et son représentant à cette manifestation, ne manquera pas de mettre en exergue les potentialités touristiques qui sont à la portée des grands groupes étrangers. A cet effet, il présentera les grands axes du Schéma directeur d’aménagement touristique établi à l’horizon 2030, notamment dans son volet relatif à la promotion des investissements. «Nous avons accordé des facilitations en matière de foncier, ce qui n’est pas négligeable, puisque nous avons 250 zones d’expansion touristiques, représentant pas moins de 56.000 hectares à disposition des investisseurs dans le cadre de concessions», a-t-il dit, ajoutant à l’adresse de l’assistance : «En Algérie tout est à faire, ailleurs tout a été fait.» En dressant ce tableau, l’expert escompte positionner la destination Algérie, une destination encore peu connue, dans un bassin méditerranéen «saturé, essoufflé, standardisé», comme il le dira, appelant par là, les organisateurs de voyages à « faire de cette méconnaissance un avantage». Pour revenir à l’exposition, celle-ci a permis de faire découvrir les dernières créations des artisans algériens en matière de dinanderie, céramique, cuir, tapis et bijoux traditionnels. Un espace dégustation a également été installé pour faire découvrir aux visiteurs les différentes variétés de dattes et spécialités culinaires du pays. Pour rappel, la Foire internationale du tourisme de Budapest, qui table, pour cette édition, sur la participation de quelque 25.000 visiteurs professionnels, est l’une des plus importantes manifestations touristiques annuelles organisées en Europe
de l’Est.
A. Z.
Auteur: elmoudjahid
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