L’Algérie et les États-Unis ont exprimé, jeudi, le souhait d’impulser leur partenariat énergétique, vieux de plusieurs décennies, en capitalisant sur les relations étroites que les deux pays entretiennent dans ce secteur stratégique.
La 12e édition du forum algéro-américain sur l’énergie, qui se tient à Houston au Texas, a été l’occasion d’évoquer les perspectives de ce partenariat et d’exprimer la volonté des deux pays de l’approfondir davantage. Le ton a été donné par le département de l’Energie américain qui participe pour la première fois à ce forum organisé par le Conseil d’affaires algéro-américain avec le soutien de l’ambassade d’Algérie à Washington.
Le sous-secrétaire à l’Energie chargé du pétrole et du gaz, Shawn Bennet, présent à ce forum, s’est dit « enthousiasmé par la nouvelle orientation» que prend la coopération algéro-américaine, affirmant que les deux pays vont poursuivre leurs relations de longue date et travailler ensemble dans d’autres domaines de l’énergie. Shawn Bennet a rappelé qu’Alger et Washington entretenaient des «relations étroites» dans le domaine de l’énergie qui représente l’essentiel des investissements directs américains en Algérie. Au plan international, les deux pays sont aussi d’importants partenaires, en mesure de répondre aux besoins des marchés et de contribuer à l’effort de la sécurité énergétique internationale, a-t-il soutenu, même s’il a relevé que l’Algérie devrait faire face à la hausse sans cesse croissante de sa demande domestique. Shawn Bennet s’est attardé lors son intervention sur le boom du schiste qui a transformé son pays en un exportateur net d’énergie, rappelant que des pays comme le Canada, la Chine et l’Argentine commencent à utiliser la technologie américaine ayant permis cette révolution énergétique. Le forum a fourni une opportunité au ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, au dirigeant de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et à l’ambassadeur Madjid Bouguerra de plaider pour la relance des investissements américains en Algérie qui ont connu une nette régression ces dernières années. «La success story» du groupe Anadarko, qui a contribué à la découverte d’une nouvelle province pétrolière en Algérie, pourrait, à ce titre, inspirer les compagnies américaines, s’accordent à dire les participants à ce forum. Le groupe, qui a fêté récemment le milliard de barils de produits, souhaite reconduire ses contrats de production en Algérie, selon des responsables de Sonatrach. « Il est temps de regarder d’un autre œil l’investissement en Algérie», a indiqué Smaïl Chikhoune, président d’USABC. Les opportunités sont nombreuses, mais la Sonatrach a besoin de partenaires pour les concrétiser, a noté de son côté Ould Kaddour. Actuellement, le groupe algérien est mieux disposé pour mettre sur pied de grands projets énergétiques en partenariat. Mais pour cela, il a fallu redéfinir la stratégie du groupe, réduire les pratiques bureaucratiques et assainir les contentieux avec les partenaires étrangers, a expliqué Ould Kaddour. Le but étant d’atteindre deux objectifs principaux : augmenter la production tout en réduisant les coûts, a-t-il précisé. Des présentations prévues lors de cette rencontre, celle consacrée à la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui a suscité le plus de discussions, en particulier sur les aspects relatifs à la fiscalité et aux contrats pétroliers. Toufik Hakkar, chef du groupe de travail chargé de l’élaboration de la nouvelle loi, a exposé les grandes lignes de ce nouveau texte, très attendu par les investisseurs étrangers. D’autres présentations ont été consacrées à la stratégie de Sonatrach à l’horizon 2030, au potentiel solaire et offshore et au domaine minier.
Guitouni plaide pour la relance des investissements américains
Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a invité les compagnies pétrolières américaines à investir en Algérie, plaidant pour «des partenariats fructueux et durables» entre les deux pays. M. Guitouni a relevé que le partenariat énergétique entre l’Algérie et les Etats-Unis, qui a été «couronné d’un franc succès dans les années 1990», a enregistré «une nette régression» ces dernières années. Le ministre a soutenu que cette baisse ne «reflétait nullement le potentiel des opportunités qui devraient susciter l’intérêt des compagnies américaines».
Le ministre est revenu au cours de son intervention sur les atouts de l’Algérie et les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie, relevant que le domaine minier algérien, qui s’étend sur plus d’un million et demi de kilomètres carrés, est largement sous-exploré, alors que la densité de forage au kilomètre carré est toujours loin des standards internationaux. «Environ 70% du domaine minier demeure sous-explorés, ce qui donne un aperçu sur l’ampleur de ce qui reste à faire en matière d’exploration et de développement, et constitue autant d’opportunités d’investissement dans l’amont pétrolier qui s’offrent aux compagnies américaines», a-t-il enchaîné. S’agissant des réserves, M. Guitouni a précisé que celles en place sont importantes. Une première étude d’envergure est en cours, pour évaluer le potentiel des ressources non conventionnelles à travers sept bassins du Sahara algérien, a ajouté le ministre. «Les premiers résultats sont plus qu’encourageants, repositionnant l’Algérie à la troisième place en termes de ressources en gaz de schiste après les USA et la Chine», a-t-il rappelé. M. Guitouni a également évoqué l’élaboration de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, qui devrait apporter les incitations fiscales attendues par les investisseurs. La nouvelle loi va introduire plus de flexibilité en levant les contraintes administratives pour réduire les délais de réalisation des projets, et devrait aussi permettre aux deux agences, ALNAFT et l’ARH, d’être au plus près des investisseurs et de les accompagner dans les démarches nécessaires auprès des différentes administrations concernées, a-t-il expliqué. «Nous y travaillons depuis plus d’une année et nous avons bon espoir pour que les résultats qui en découleront soient à la hauteur des attentes de nos partenaires et des investisseurs potentiels», a déclaré le ministre. Concernant les opportunités d’investissements, il a expliqué que l’Algérie œuvre à intensifier l’exploration et le développement des gisements, l’augmentation des capacités de raffinage ainsi que la relance de l’industrie pétrochimique. A cela s’ajoutent l’exploration d’horizons profonds, l’utilisation de techniques de récupération assistée, l’exploration offshore et le développement des formations shale et compact.
Les opportunités offertes mises en avant
Le ministre de l’Energie a mis en avant les différentes opportunités qu’offre le marché algérien, ses atouts et son potentiel, notamment dans les domaines de l’énergie, a indiqué un communiqué du ministère. «L’Algérie est un pays relativement jeune, en construction, doté d’un important potentiel en ressources comprenant l’agriculture, une petite et moyenne industrie naissante, mais en plein essor, une industrie lourde à dynamiser, et évidemment le secteur de l’énergie avec ses différentes branches, qui constitue la colonne vertébrale de l’économie algérienne», a indiqué M. Guitouni. Le ministre a également présenté le secteur de l’énergie comme le moteur de l’économie algérienne et un jalon important dans le processus de diversification de son économie. «L’Algérie aspire, bien entendu, à diversifier son économie et œuvre à en faire une réalité, en s’appuyant sur les revenus générés par le développement de ses gisements d’hydrocarbures, au bénéfice du développement socioéconomique du pays», a-t-il ajouté, avant de faire valoir les avantages appréciables de l’Algérie, comparée aux pays de la région, notamment grâce à l’accès à l’énergie sous ses différentes formes mais aussi grâce à l’atout capital dont elle dispose, celui d’une «main-d’œuvre formée, de qualité et en majorité jeune», a-t-il précisé, ajoutant que «l’Algérie est un pays stable, et la sécurité est assurée à un haut niveau dans toutes les régions du pays, notamment les zones hydrocarbures». En effet, le ministre a insisté sur la sérénité du climat des affaires qui est, a-t-il ajouté, «consubstantielle à une stabilité politique et institutionnelle, et sur ce plan, l’Algérie offre toutes les garanties de sérénité aux investisseurs».
Invitant les compagnies américaines à venir investir en Algérie, le ministre a mis en avant l’importance que revêt pour le gouvernement algérien l’option du partenariat industriel «comme un axe stratégique de sa politique économique» et qui bénéficie de toute l’attention nécessaire des pouvoirs publics pour en garantir la réussite. Le secteur énergétique en est d’ailleurs l’illustration,
«notamment, pour ce qui est de l’investissement dans la recherche et l’exploitation des ressources en hydrocarbures».
A ce sujet, M. Guitouni a notamment évoqué le succès du partenariat algéro-américain dans la recherche et l’exploitation des hydrocarbures, ce qui renseigne, a-t-il insisté, sur l’envergure et la profondeur des relations algéro-américaines «et sur le degré d’engagement des parties pour la pérennité du contrat de confiance qui lie les deux pays». Il a ainsi souhaité que le partenariat algéro-américain se renforce davantage dans le segment amont pétrolier, notamment la prospection et l’exploration y compris dans l’offshore.
Le ministre a également appelé à étendre le partenariat algéro-américain à la filière des énergies renouvelables, compte tenu du potentiel de l’Algérie qui comprend, au-delà des réserves d’hydrocarbures conventionnelles et non conventionnelles, d’importantes ressources renouvelables, notamment d’énergie solaire, qui sont mises à contribution et appelées à être développées pour répondre aux besoins futurs du pays. M. Guitouni a par ailleurs insisté sur la volonté du gouvernement de mettre les assises nécessaires pour mieux valoriser les ressources énergétiques du pays, en intensifiant l’effort d’exploration et de développement des gisements, en augmentant les capacités de raffinage et en relançant l’industrie pétrochimique. Il a, en outre, tenu à rassurer les investisseurs quant à l’attractivité du domaine minier algérien, grâce à la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui est en cours d’élaboration en Algérie. «Cette nouvelle loi apportera les incitations fiscales attendues par les investisseurs et introduira plus de flexibilité, à travers, notamment, la levée des contraintes administratives, pour réduire les délais de réalisation des projets afin d’en améliorer d’une manière substantielle l’économie», a déclaré M. Guitouni. Pour rappel, le ministre était accompagné d’une délégation de haut niveau, dont le P-dg de Sonatrach. Durant ce forum, le ministre et la délégation qui l’accompagne ont eu des entretiens avec les dirigeants des grandes compagnies américaines œuvrant dans les secteurs énergétique, pétrolier et gazier. Le ministre de l’Energie s’est également entretenu avec le sous-secrétaire adjoint pour le pétrole et le gaz au Département américain à l’Energie, Shawn Bennett.
Anadarko souhaite reconduire ses contrats de production
Le groupe américain Anadarko, plus grand producteur de brut parmi les partenaires de Sonatrach, souhaite reconduire ses contrats de production en Algérie et y renforcer son activité, a confié à l’APS un haut responsable de Sonatrach. Les deux groupes, Sonatrach et Anadarko, ont tenu une séance de discussions à Houston (Texas) à l’occasion de la 12e édition du Forum algéro-américain sur l’énergie pour évoquer les perspectives de leur partenariat. La réunion a été présidée par le dirigeant de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et son homologue d’Anadarko, Al Walker. «Anadarko a demandé l’extension de tous ses contrats d’exploitation d’hydrocarbures en Algérie», a précisé le vice-président exploration-production de Sonatrach, Salah Mekmouche, à l’issue de cette réunion.
Le premier contrat portant sur le champ de Hassi Berkine (HBNS) où le groupe exploite les blocs 404 et 208 arrive à échéance en 2023. Le groupe exploite également en partenariat avec Sonatrach le gisement El Merk à Illizi, qui représente l’une des plus grandes découvertes de brut réalisées en Algérie ces dernières années avec des réserves estimées à 1,2 milliard de barils de pétrole et de condensat. Anadarko veut en effet apporter de nouvelles technologies en matière de maintenance prédictive et de digitalisation de l’exploitation des hydrocarbures, devenues aujourd’hui un véritable levier de performance en matière de production de pétrole, a fait savoir M. Mekmouche. Le groupe américain, qui produit près de 260.000 barils/jour, est aussi intéressé par l’investissement dans les ressources non conventionnelles. Outre Anadarko, la délégation de Sonatrach a également rencontré le dirigeant de Technip FMC. Fruit d’une fusion entre le géant français de l’ingénierie pétrolière Technip et l’américain FMC Technologies, ce groupe international souhaite créer des ateliers de maintenance et introduire de nouvelles technologies, comme le traitement des données (data process). Sonatrach a eu aussi une séance de discussions avec les responsables de Honeywell International, un groupe industriel américain diversifié, leader dans les systèmes de haute technologie.
Auteur: elmoudjahid
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