« A partir de 1970, à la faveur d’un changement ministériel, Abdelhamid Mehri, le sécrétaire général de l’Enseignement primaire et secondaire du ministère, devint le maîtres architecte de l’édification de l’École algérienne. Il avait été un Secrétaire général des Enseignements primaire et secondaire tel un pédagogue en chef, avide de contribuer à donner à l’enseignement algérien un reflet d’authenticité ». Ce beau témoignage émane de l’ami et du compagnon de route de feu Abdelhamid Mehri, en l’occurrence l’ex ministre de l’éducation M Ali Benmohamed, venu lui rendre hommage à l’ occasion du 8éme anniversaire de son décès.
Organisée conjointement par le forum d’El Moudjahid et l’association Machaâl Echahid, cette rencontre a vu la présence de grandes personnalités à l’image de M Karim Younés ex président de l’assemblée populaire , l’ex ministre de la communication M. Nacer M’hal , de représentants des deux chambres du parlement ainsi que les compagnons de lutte de feu Abdelhamid Mehri. «L’arabisation, c’est lui qui l’imposa, contre les résistances des enseignants français restés en Algérie et même de certains algériens qui étaient contre l’arabisation complète de l’enseignement primaire et secondaire. On commença par l’arabisation totale des 3e et 4e années du primaire, puis l’arabisation d’un tiers de l’enseignement moyen et d’un tiers du secondaire » certifie l’ancien ministre de l’Education, Ali Benmohamed, précisant avoir travaillé avec le défunt au sein dudit ministère dans les années 1970. L’intervenant se souvient des difficultés rencontrées a l’époque pour former des enseignants pour les matières techniques en langue arabe notamment les mathématiques et les sciences « Les formateurs français nous exigeaient d’augmenter le volume en temps de l’enseignement de la langue française en contrepartie de la formation des enseignants pour les matières techniques , ce qui était inacceptable pour Abdelhamid Mehri » témoigne M Benmohamed qui affirme que c’est a lui aussi que l’Algérie doit l’arabisation de l’Histoire dès septembre 1966. « Après avoir servi la Révolution contre les forces obscures du colonialisme et ses séquelles, il devenait l’homme de culture, chez qui pouvait se concentrer sans heurts tout ce qui était à l’extrême exigence de la condition intellectuelle de l’Algérien désigné au renouveau de l’État: spiritualité, savoir, probité intellectuelle, pondération, fin diplomate, humble commis de l’État » affirme M Benmohamed pour parler de la dimension culturel de ce grand homme.
——« Sa modestie et son amour du dialogue en toute circonstances étaient ses deux caractéristiques »
« Il était l’initiateur de la création de l’école normale de Bouzareah après avoir constaté un grand déficit en enseignants des cycles moyens et secondaires. Une école qui est devenue après, la fine pointe du savoir » ajoute M Benmohamed.
D’autres souvenirs de la personnalité de Abdelhamid Mehri ont afflué lors de ce forum de la mémoire, racontés par les élèves, les compagnons et les amis du défunt. Dr Larbi Zoubeiri, lui, parle d’«un homme de dialogue aux convictions inébranlables, ouvert d’esprit et un vrai démocrate » Il raconte que lui-même était l’intermédiaire entre M Mehri et Madani Mezrag dans les années 90. « Ce dernier voulait rencontrer M Mehri qui a accepté de le voir et ce en dépit de son opposition et son rejet de la politique du FIS a l’époque » raconte l’intervenant soulignant que «l’ancien secrétaire général du FLN était convaincu, pendant la décennie noire, que la solution à la crise ne viendra jamais tant qu’un dialogue ne soit pas instauré et la seule solution est d’amener les Algériens à dialoguer entre eux».
Les témoignages relèvent aussi son caractère modeste et très humble ; « Ministre de l’Information et à la Culture, Ambassadeur d’Algérie en France ou Secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri restera dans les mémoires comme l’être dévoué à toutes les activités caractérisées par leur forme la plus humaniste et rayonnante en faveur de l’Algérie ». Tous ceux qui se sont relayés a la tribune ont fait l’éloge d’”un nationaliste symbole dont les nobles qualités forçaient le respect et l’admiration de tous”.
Ils ont évoqué les positions de feu Mehri, notamment durant la glorieuse guerre de libération invitant les générations montantes à “puiser dans le legs laissé par cet homme de valeur à l’Algérie et à la nation arabe tout entière”. Il est vu comme un authentique militant de la cause nationale et un homme « épris de sagesse et défenseur de principes». Un homme politique chevronné doublé d’un adepte du compromis et de dialogue, Abdelhamid Mehri est qualifié comme un homme politique dont le parcours personnel se confond avec l’Histoire de l’Algérie, celle du Mouvement national, guerre de Libération et le point le plus important auquel il a consacré sa vie, c’est la construction de l’Algérie après l’indépendance.
Farida Larbi
Auteur: elmoudjahid
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