Framboise: le Maroc consolide sa position de leader sur le marché britanniqueFramboise: le Maroc consolide sa position de leader sur le marché britannique

Le Maroc confirme une nouvelle fois la montée en puissance de son agriculture d’exportation. Sur le marché britannique, la filière de la framboise s’impose progressivement comme l’un des principaux moteurs de la présence marocaine dans le secteur des fruits rouges. Cette dynamique illustre la capacité du Royaume à gagner des parts de marché sur les grandes destinations européennes, malgré une concurrence internationale de plus en plus forte.

Le succès des framboises marocaines au Royaume-Uni repose d’abord sur un avantage géographique majeur. La proximité du Maroc avec l’Europe permet aux producteurs et exportateurs de réduire les délais d’acheminement et de proposer des fruits frais répondant aux exigences des distributeurs britanniques. Cette proximité constitue un véritable atout face à des fournisseurs plus éloignés, notamment lorsque les consommateurs et les enseignes recherchent une disponibilité régulière tout au long de l’année.

La progression de la framboise s’inscrit surtout dans la transformation profonde de la filière des fruits rouges au Maroc. En quelques années, le Royaume est devenu un acteur important du marché mondial, aux côtés de l’Espagne, du Mexique ou encore du Chili. Selon les données publiées par La Vie Éco, le Maroc représentait déjà près de 10% des exportations mondiales de fruits rouges et avait exporté plus de 200.000 tonnes de fraises, framboises et myrtilles en 2023, pour des recettes dépassant 600 millions de dollars.

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Cette performance est le résultat d’une spécialisation croissante des producteurs marocains, mais également d’investissements importants dans les techniques agricoles, le conditionnement, la chaîne du froid et la logistique. La filière a ainsi réussi à répondre aux standards élevés des marchés internationaux, notamment en matière de qualité, de traçabilité et de régularité des approvisionnements.

Le Royaume-Uni représente, à ce titre, un marché stratégique. La demande britannique pour les fruits rouges reste importante et les distributeurs accordent une place croissante aux produits importés capables de garantir fraîcheur et disponibilité. Le renforcement de la présence marocaine sur ce marché permet donc au Royaume de diversifier ses débouchés et de réduire sa dépendance à certains marchés européens traditionnels.

Mais, derrière cette réussite se trouvent également plusieurs défis. Le premier concerne les coûts de production. La culture des framboises nécessite des investissements importants, notamment pour les plants, les infrastructures agricoles et la main-d’œuvre. Selon des professionnels cités par La Vie Éco, le coût annuel des plants de framboisiers peut atteindre 120.000 dirhams par hectare.

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Le deuxième défi est celui de l’organisation de la filière. Les petits producteurs marocains disposent parfois de superficies limitées et peuvent rencontrer des difficultés pour atteindre les volumes nécessaires à l’exportation. Le regroupement des producteurs et le développement de projets d’agrégation apparaissent donc comme des leviers essentiels pour renforcer leur pouvoir de négociation, améliorer leur compétitivité et capter davantage de valeur ajoutée.

Enfin, la question de l’eau constitue un enjeu structurel pour l’agriculture marocaine. Le développement des cultures à forte valeur ajoutée doit désormais être concilié avec les impératifs de gestion durable des ressources hydriques. La performance à l’export ne pourra être durable que si elle s’accompagne d’une amélioration continue de l’efficacité de l’irrigation et d’une adaptation des pratiques agricoles.

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La montée en puissance des framboises marocaines au Royaume-Uni dépasse ainsi la simple réussite d’un produit agricole. Elle traduit la transformation du Maroc en plateforme agro-exportatrice compétitive, capable de s’imposer sur des marchés internationaux exigeants. Pour conserver cette position, le Royaume devra cependant poursuivre ses investissements dans la productivité, la logistique, l’organisation des producteurs et la gestion durable des ressources.

Auteur: Ismail Saraoui
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