France : Jacques Attali revient, il est encore plus terrifiant que les médias internationaux…France : Jacques Attali revient, il est encore plus terrifiant que les médias internationaux…

Il était sur TV5Monde le mois dernier, il revient sur France Télévisions, dans l’émission « C Dans L’air L’invité », sur France 5, le 7 octobre 2026. Le moins qu’on puisse dire est que le brillant économiste, écrivain et conseiller d’État honoraire Jacques Attali n’a pas de bonnes nouvelles pour la France. Après les tirs des médias internationaux sur la situation financière, économique et sociale de l’Hexagone, Attali en rajoute une bonne louche. Celle qui s’apprête à prendre les rênes du pays – à en croire tous les sondages -, la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a déballé ses solutions pour le pays, elle qui a la réputation d’être très faible sur ces sujets. Bon, au moins on a un chiffre : «140 milliards d’euros net d’économies» sur 5 ans. Comment ? Là c’est le flou artistique, Mme Le Pen promet des détails très prochainement. Des solutions Attali en a mais elles se feront dans la douleur, forcément. L’homme qui a conseillé le président François Mitterrand durant 10 ans a écrit « 2027-2032 , les raisons d’espérer« , qui paraîtra ce 28 octobre. Et bien des raisons d’espérer il y en a peu.

– Attali : « La marée monte. Tant que la marée monte d’une façon insupportable, ce n’est pas grave. Mais aujourd’hui, la marée monte d’une façon qui est en train de devenir totalement insupportable, c’est-à-dire qu’on est en train de passer le moment où c’est incontrôlable. Il y a un moment où la dette reste contrôlable, puis un moment où elle s’emballe. Et elle s’emballe quant elle crée les conditions pour augmenter en permanence et qu’on n’a plus les moyens d’arrêter cette croissance ».

– La présentatrice Caroline Roux : « Et elle s’emballe Jacques Attali, parce que les taux d’emprunt français flambent. C’est ce qu’on entend ».

– Attali : « Elle s’emballe, en effet, par une série de circonstances. Elle s’emballe par le fait que nous avons un déficit primaire, c’est-à-dire hors du service de la dette, on est en déficit, ce que pratiquement plus aucun pays en Europe n’est sauf nous, et que donc on n’a pas d’argent pour rembourser le service de la dette, parce que le service de la dette est de plus en plus élevé, parce que le taux d’intérêt augmente et parce que notre croissance est de plus en plus faible…

Donc le triangle taux d’intérêt, service de la dette et taux de croissance, est dans une situation d’une constellation épouvantable ».

– Mme Roux : « Oui, mais nous sommes la France. Voilà ce qu’on me répond quand je pose cette question à certains responsables politiques qui me disent ‘Oui, très bien, sauf qu’au fond, on est un pilier de l’euro, il y a la Banque centrale européenne, aucun de nos partenaires n’a intérêt de voir aller la France au tapis’. Donc au fond, parce que nous sommes la France, on continuera à nous prêter et il n’y a pas péril en la demeure ».

– Attali : « C’est en effet notre chance et notre malédiction. C’est notre chance parce qu’on est un très grand pays, très riche en soi. C’est notre malédiction parce qu’on croit ça. Et c’est comme celui qui tombe du 60e étage, jusqu’au premier étage, tout va bien. Nous en sommes là. Mais on nous laissera tomber ».

– Mme Roux : « Qui nous laissera tomber ? »

– Attali : « Tous. Parce que regardez, si à un moment il faut nous aider… Le Fonds monétaire, quand il a fallu aider la Grèce, n’avait pas l’argent pour aider la Grèce. Il a été obligé de chercher de l’argent au Japon et dans les pays d’Asie. La Grèce, c’est le 10e de la France, donc le Fonds monétaire ne pourra pas. La Banque centrale européenne pourrait, si l’Allemagne donne son feu vert pour que la Banque centrale nous aide. Et pour que la Banque centrale nous aide avec l’accord de l’Allemagne, il faudra passer par des conditions épouvantables. De plus en plus… »

– Mme Roux : « Des conditions épouvantables, c’est-à-dire toutes les réformes qu’on n’a pas faites avant, il faudra les faire maintenant, c’est ça ? »

– Attali : « Plus encore ! Ce sera encore plus sévère. L’Allemagne exigera un certain nombre de choses qui lui permettront soit de gagner beaucoup par rapport à nous, soit nous mettre en situation où l’Allemagne sera tellement inquiète de ce qui se passera qu’elle dirait ‘Je passe. Et je préfère ne rien faire parce que si je le laisse faire, c’est ma monnaie à moi qui va tomber. Et donc, je préfère que la France sorte ou qu’elle vive sa crise jusqu’au bout’. Et il n’est pas exclu que l’Allemagne, surtout si l’Allemagne évolue vers l’extrême droite, se dise ça.

Alors les réformes qu’on devrait faire, celles qu’il faudrait faire en cas de crise extrême… »

– Mme Roux : « ça s’appelle l’austérité ».

– Attali : « Beaucoup plus que ça. Non seulement il faudra faire ce qu’on devrait faire depuis longtemps, c’est-à-dire cesser d’augmenter les retraites et les baisser. Non seulement il faudra faire un grand nombre d’économies de toutes petites choses. Ce ne sont pas les programmes des candidats, en particulier le faux programme de Madame Le Pen… »

– Mme Roux : « On va en parler. »

– Attali : « Mais il faudra aller beaucoup plus loin. Il faudra augmenter l’âge de la retraite à 66-67 ans tout de suite. Il faudra réduire les retraites de 20%. Et la dernière étape qu’on nous demandera, je vous dis, parce qu’il faut que les Français réalisent, ce qu’on nous demandera, c’est, on dira ‘Ecoutez, vous avez une très forte épargne, les Français, on s’inquiète pas, vous avez beaucoup d’épargne, donc emprunt forcé. Vous êtes obligés de prêter. Ce n’est pas grave, vous allez prêter à 3% à l’Etat, ce n’est pas grave’. Donc les Français diront ‘Ce n’est pas grave, je prête à 3%’.

Puis dans 4-5 ans, on oubliera de nous rembourser cet emprunt. L’emprunt forcé se termine toujours pas un impôt. L’emprunt forcé se termine toujours pas un impôt ».

– Mme Roux : « Donc, c’est ça qui devrait inquiéter les Français. C’est que ça peut se terminer avec une main basse sur l’épargne des Français. C’est ça que vous nous dites, Jacques Attali ? »

– Attali : « C’est ce qui s’est passé en Grèce, c’est ce qui s’est passé au Portugal, c’est ce qui s’est passé dans tous les pays qui ont mis du temps à réagir ».

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Auteur: Souleymane Loum
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