Les contrecoups de Covid-19
Fermées depuis mi-mars, les portes des résidences pour personnes âgées vont rester closes: le gouvernement a exclu jeudi tout «assouplissement supplémentaire» avant trois semaines, mais a promis une prime aux personnels de ce secteur, durement éprouvé par deux mois de crise.
Nous ne pouvons pas prévoir un assouplissement supplémentaire dès le 11 mai. Nous devons continuer à tout faire pour protéger
les personnes âgées vulnérables», a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran lors de l’annonce du plan de déconfinement.
«Les visites des proches pourront se poursuivre si la situation de l’établissement le permet, dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui», a poursuivi M. Véran.
D’abord interdits de visites extérieures pour empêcher la propagation du Covid-19, puis progressivement isolés dans leur chambre à mesure que le virus faisait des ravages, les résidents peuvent depuis le 20 avril recevoir des visites de proches, mais de façon très encadrée et limitée.
«Nous allons poursuivre de cette manière de façon certaine pendant au moins trois semaines», a détaillé le Premier ministre.
«Sera-t-il possible à compter du mois de juin d’alléger encore ces règles ? Je ne peux pas vous le dire aujourd’hui, nous verrons», a ajouté Edouard Philippe, en estimant que «s’agissant des personnes les plus vulnérables, et donc les plus fragiles, il faut être encore plus prudent que pour la population générale». Depuis le début de l’épidémie, qui a fait près de 26.000 morts en France, un décès sur deux concerne un résident d’Ehpad. Selon les dernières données publiées par Santé Publique France, 9.572 résidents sont morts dans leur établissement et 3.386 à l’hôpital.
Face à cette «situation difficile», le gouvernement a promis une aide de 475 millions d’euros pour accompagner ces structures.
Des «crédits supplémentaires» pour financer notamment la prime demandée par les acteurs du secteur, qui sera de 1.500 euros pour tous les personnels des Ehpad situés dans «les 33 départements où l’épidémie aura été la plus forte» et de 1.000 euros pour tous les autres, a annoncé M. Véran.
Cette prime «défiscalisée» sera versée «dans les prochaines semaines» à tous les personnels, «quel que soit leur statut pour valoriser leur engagement sans faille pendant cette crise», a-t-il précisé. Les personnels des établissements accueillant des personnes handicapées en seront également bénéficiaires.
«C’est un signal fort adressé à toutes les femmes et tous les hommes de l’ombre qui travaillent sans relâche», a réagi auprès de l’AFP la déléguée générale du Synerpa (Ehpad privés), Florence Arnaiz-Maumé. Elle a toutefois regretté que les employés des structures d’aide et de soins à domicile en soient exclus.
«Une nouvelle fois, l’aide à domicile est la grande oubliée des décisions gouvernementales.
Cet oubli de nos personnels, engagés en première ligne depuis le début de la crise, est incompréhensible», s’est indigné dans un communiqué Thierry d’Aboville, secrétaire général de l’ADMR, premier réseau associatif de services à la personne en France.
Sur le déconfinement des établissements, la représentante du Synerpa a indiqué que des «consultations» étaient en cours entre le gouvernement et les acteurs du secteur pour pouvoir «réintroduire progressivement dans les établissements les professionnels extérieurs indispensables» tels que les coiffeurs, kinésithérapeutes, psychologues, opticiens ou podologues.
Mme Arnaiz-Maumé a dit espérer «des annonces dans les prochaines semaines, une fois la phase cruciale du 11 mai passée».
Saluant des «mesures encourageantes», l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) a regretté que «les assouplissements induits par le déconfinement» ne concernent pas «les concitoyens vivant en établissement».
Elle a demandé urgemment «des aménagements du confinement en établissement» pour en terminer avec l’isolement en chambre.
Quelque 600.000 personnes âgées en perte d’autonomie vivent dans un des 7.000 Ehpad de France.
Auteur: M’hammed rahal
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