assemblée générale ordre national des médecins du Cameroun

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Les raisons de départ sont multiples

La fuite des cerveaux des médecins et infirmières vers les États-Unis, l’Australie, le Canada ou l’Europe aggrave la situation médicale dans les pays d’origine. De ce fait, le niveau moyen de capital humain au sein de la population active est réduit.
Si un travailleur décide d’émigrer, il prive les pouvoirs publics de son pays d’une part de ce retour sur investissement, le financement réalisé par l’État n’ayant pas conduit à des soins supplémentaires dans le pays d’origine. D’autre part, l’aggravation de l’insuffisance de soins entraine la perte des contributions au PIB et aux taxes : en effet, en partant, les professionnels ne contribuent plus directement à l’économie du pays. Aussi ces départs augmentent-ils la pression sur les personnels restants. Certains infirmiers et aides-soignants sont même amenés à effectuer des actes médicaux pour lesquels ils n’ont pas eu de formation car il s’agit d’actes normalement réalisés par les médecins.
Cependant les raisons de départ sont multiples : les salaires sont irréalistes au regard des risques et de la charge de travail des personnels, l’absence d’indemnités sociales et/ou de retraite. Il n’y a pas d’avantages sociaux pour compenser les bas salaires. On peut décrier l’absence d’opportunités de formation continue et d’établissements de formation, l’impossibilité de progression professionnelle : l’épanouissement est difficile car les médecins spécialisés ne sont pas toujours gratifiés en termes de carrière. Simplement, les compétences ne sont pas récompensées. Il peut y avoir des affectations arbitraires, un non-respect des textes réglementaires en matière de gestion des carrières. A cela, il faut ajouter l’environnement politique insatisfaisant ou parfois instable, l’absence de matériel adéquat, d’outils et d’installations favorables aux pratiques et procédures avancées, la mauvaise gestion des services de santé (bureaucratie, infrastructures mauvaises, climat interne délétère, absence d’encadrement).
Dans l’étude de l’OMS (2002), 25 % des agents de santé ont convenu que la qualité des soins fournis se détériore à cause de l’absence de médicaments, des longues files d’attente et de l’absence de respect mutuel entre le public comme utilisateurs des services de santé et les professionnels de la santé. Les jeunes recrues font souvent leur travail sans supervision ou risquent de faire des diagnostics inexacts et de prescrire un traitement inapproprié. Face à cette situation, il est nécessaire de chercher des solutions pour limiter la pénurie et compenser les départs.
Au Cameroun, aucune politique publique n’a été mise en place pour le moment. Dans le cadre de l’exode des cerveaux affectant les médecins et le personnel infirmier, des ONG tentent de sensibiliser l’opinion sur les conséquences des politiques de migration, mais le problème reste encore insuffisamment traité.
Léon MGBA

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Auteur: La rédaction
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