La jeune Meriem Boundaoui, victime d’une fusillade / Photo : D. R.La fusillade qui a coûté la vie, le 7 février à Montréal (Canada), à une jeune Algérienne de 15 ans, originaire du village Imoula, dans la commune de Mcisna (daïra de Seddouk), 50 kilomètres au sud de Béjaïa, a produit une onde de choc jusque dans la vallée de la Soummam.
On pleure la mort de Meriem Boundaoui, cadette d’une fratrie de quatre filles et trois garçons, ravie aux siens à la fleur de l’âge et à l’éclosion de ses espoirs.
Selon des médias canadiens, la jeune Meriem a été touchée à la tête par des balles tirées par deux individus cagoulés. La fusillade a eu lieu dans l’arrondissement de Saint-Léonard. Le récit des faits a été recueilli, par les mêmes sources, auprès du conducteur de la voiture dans laquelle elle se trouvait.
Son accompagnateur, un Algérien de 24 ans, de retour d’une boulangerie, venait de rencontrer trois personnes, «des connaissances à lui», avant que n’arrivent deux jeunes individus à bord d’une Mercedes qui se sont accrochés avec le trio de personnes. La dispute s’est terminée avec le départ des occupants de la Mercedes qui, une demi-heure plus tard, reviennent à la charge armés. Ils tirent sur la voiture, qu’ils ont criblée d’une douzaine de balles, et où se trouvait la pauvre victime.
Le conducteur s’en sort miraculeusement indemne, au moment où une balle transperce l’œil de la jeune Meriem, selon le témoignage de sa sœur aînée. Transférée à l’hôpital, Meriem rend l’âme. Les auteurs ont fait aussi un blessé avant de prendre la fuite. «Nous croyons savoir qu’ils sont identifiés», nous affirme un membre de la famille de la victime.
Meriem Boundaoui était au Canada depuis près de deux ans, rejoignant ses sœurs qui s’y étaient installées depuis quatre ans. Elle vivait avec l’une de ses sœurs, mariée et mère de trois enfants, occupant un bungalow dans la municipalité de La Prairie, dans la Rive-Sud, soit dans la banlieue sud de la région métropolitaine de Montréal.
Cette partie montréalaise francophone connaît une certaine concentration de la communauté maghrébine, dont algérienne, particulièrement par le fait de la multiplication de commerces maghrébins, ce qui a dicté de nommer l’arrondissement de Saint-Léonard «Le Petit Maghreb».
Selon des sources policières, rapportées par des médias canadiens, le meurtre «ne serait pas lié au crime organisé ou aux gangs de rue». La ministre canadienne de la Sécurité publique a qualifié le décès de Meriem Boundaoui de «bouleversant». «Elle était sortie acheter des gâteaux», a témoigné l’une de ses sœurs, accablée.
«Elle voulait être médecin et travailler pour aider mon père. Ils ont brisé son souhait», a-t-elle ajouté éplorée. Les témoignages des siens décrivent une jeune fille «sage et calme» et une «brillante lycéenne». Meriem a fait ses années du moyen au collège de Nacéria, à Béjaïa-ville, avant de partir tenter sa chance en terre d’exil.
Des membres de sa famille, des amis et autres personnes solidaires ont observé un recueillement sur le lieu de son assassinat, où l’on a déposé des fleurs. Un extraordinaire élan de solidarité s’est enclenché au sein de la communauté algérienne établie au Canada et une quête d’argent a été lancée pour financer le rapatriement de la dépouille de la défunte et organiser ses funérailles à Imoula.
Selon le frère du beau-frère, contacté par nos soins, le consulat algérien au Canada s’est engagé à prendre en charge le rapatriement de la dépouille. La date a été arrêtée en fin de journée d’hier, apprenons-nous de notre interlocuteur.
La dépouille sera rapatriée via la France, à bord d’un avion de la compagnie française, avant d’arriver à Alger dimanche soir, pour être enterrée, probablement, le lendemain. Le coup est particulièrement dur pour ses parents, qui vivent entre Imoula et le quartier Taghzout, à Béjaïa-ville. Sa mère n’a été informée de la disparition tragique de sa cadette qu’en fin de journée d’hier, avons-nous appris de notre source au village Imoula.
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Auteur: Anis Khecheba
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