Le Messager de Dieu alla voir Khadîja, la première à avoir cru en lui. Il lui montra comment faire ses ablutions, puis sa prière. Elle fit ses ablutions, puis sa prière, comme elle avait vu faire le Messager de Dieu.

Au dire de ‘Â’isha :

Au début, le Messager de Dieu reçut l’ordre de faire deux prières par jour, comprenant chacune deux prosternations. Puis, le Très-Haut ordonna de porter à quatre le nombre des prosternations en ville. Mais il retint le nombre de deux durant les voyages.

Al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, l’oncle du Messager de Dieu, était lié d’amitié avec Abu Sufyân ibn Harb. Il raconte :

—J’étais parti en voyage d’affaires au Yémen, en compagnie d’Abû Sufyân ibn Harb. Lorsque nous fûmes arrivés à destination, nous convînmes de préparer chacun à tour de rôle le repas du soir et d’y convier nos amis communs. Un jour, alors qu’il m’incombait de préparer le repas, Abu Sufyân me dit :

—Veux-tu le préparer mais le faire porter dans ma tente ? Nous prendrons ce repas chez moi, aujourd’hui.

J’acceptai et fis porter les plats dans sa tente, où nous nous rendîmes tous. Après le repas, lorsque les autres convives furent retirés, Abu Sufyân me retint seul et me dit :

—Sais-tu que ton neveu prétend être le Messager de Dieu ? Je lui demandai :

—Lequel de mes neveux ? Il dit :

—Tu ne vas pas jouer à ce jeu avec moi. Il n’y a qu’un seul de tes neveux qui puisse prétendre cela.

—Lequel donc ?

—Muhammad ibn ‘Abd Allah.

—Il ne ferait pas cela.

—Il l’a fait.

Il me montra une missive qu’il avait reçue de son fils Handhala où il était écrit : « Muhammad ibn ‘Abd Allah est allé dire sur le mont al-Abtah : «Je suis le Messager de Dieu et je vous convie à suivre la voie de Dieu.» 

Je remarquai :

—Et s’il disait vrai?

—Doucement. Je n’aime pas t’entendre dire cela. Par Dieu, je commence à me demander si tu n’es pas au courant de cette affaire.

—Quraysh a toujours pensé que vous autres, les Banû ‘Abd al-Muttalib, aviez de bons côtés, mais aussi des côtés malfaisants, dont nous tous n’avons cessé de subir les conséquences. Tu le sais bien.

Je reconnus :

—Oui, je sais. Il dit :

—Par Dieu, cette affaire tient à vos côtés malfaisants.

—A moins qu’elle ne tienne à nos bons côtés.

Entre-temps, la nouvelle s’était répandue dans les assemblées du Yémen, ayant été rapportée par un voyageur plusieurs nuits auparavant. Les gens en parlaient entre eux.

Abu Sufyân fréquentait un rabbi yéménite, qui lui demanda : 

—Quelle est cette nouvelle que j’ai entendue?

—Qu’as-tu entendu?

—Qui donc est l’oncle de cet homme ? 

Abu Sufyân mentit et dit :

—C’est moi.

—Tu es le frère de son père ?

—Oui.

—Parle-moi donc de lui.

—Ne me demande pas cela. Je n’aurais jamais cru qu’il irait jusqu’à prétendre une telle chose. Je ne voudrais pas le dénigrer, mais je vois bien d’autres qui sont plus méritants que lui.

Le rabbi, rassuré, dit :

—Cet homme ne fera de tort ni aux juifs ni à la Torah de Moïse.

Le lendemain, le rabbi m’invita à me joindre à eux et j’acceptai, quand nous fûmes assis, je lui dis :

—Tu as interrogé mon cousin, Abu Sufyân, à propos de cet homme qui prétend être le Messager de Dieu. Il t’a dit qu’il était son oncle, mais il ne l’est pas, il est son cousin. C’est moi qui suis son oncle.

Au dire d’Abû Sufyân ibn Harb :

Lorsque je fus rentré à La Mecque, les gens vinrent à la maison

Le rabbi me dit :

—Tu es le frère de son père ?

—Je suis le frère de son père.

Le rabbi se tourna vers Abu Sufyân :

—Dit-il vrai ? Abu Sufyân dit :

—Il dit vrai.

Je m’adressai alors au rabbi :

—Interroge-moi. Si je mens, Abu Sufyân me démentira.

—Je t’adjure de me dire si ton neveu est connu pour être bizarre ou sot…

—Non. Élevé par son grand-père ‘Abd al-Muttalib, il n’a jamais menti, il n’a jamais trahi un engagement. Quraysh l’a surnommé : le probe.

—Sait-il écrire de sa main ?

Je pensai qu’il était plus honorable pour Muhammad de savoir.

Ecrire de sa main et je fus sur le point de prétendre qu’il le faisait mais je me souvins de la présence d’Abû Sufyân, qui m’aurait aussitôt démenti. Je dis :

—Non, il n’écrit pas de sa main. 

(À suivre)

Auteur: elmoudjahid
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