Serait-ce vraiment fini cette fois-ci ? Laurent Gbagbo, l’ancien président de Côte d’Ivoire va-t-il enfin pouvoir respirer le bon air frais de la liberté après plus de sept années d’enfermement? Tout porte à le croire…

L’ancien président de Côte d’Ivoire qui était incarcéré, depuis 2011, au Centre pénitentiaire de Scheveningen relevant de la Cour Pénale Internationale de La Haye, a été libéré ce vendredi mais d’une libération sous conditions dès lors qu’elle a été assortie, par la Chambre d’appel, de l’obligation pour le bénéficiaire de résider, dans un Etat membre de la CPI, en attendant un probable procès en appel et ce, par crainte de le voir ne pas répondre à une éventuelle convocation.

Mais bien que la Côte d’Ivoire soit membre de la CPI, cette dernière n’a pas consenti au retour de Laurent Gbagbo dans son pays du moment que la Côte d’Ivoire avait refusé de lui remettre Simone Gbagbo, sa première épouse, nonobstant le fait qu’elle était sous le coup d’un mandat d’arrêt international en bonne et due forme au motif qu’elle était déjà condamnée par la justice ivoirienne à 20 années d’emprisonnement pour «atteinte à la sûreté de l’Etat».

Aussi, en s’appuyant sur le fait que Nady Bamba, la seconde épouse de l’ancien président de Côte d’Ivoire et l’enfant issu de leur union vivent en Belgique et dans l’attente de la décision qui sera prise par le bureau de Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, quant à la décision d’interjeter appel ou non, Bruxelles aurait «accepté d’accueillir» Laurent Gbagbo selon une déclaration faite à l’AFP par Karl Lagatie un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.

Mais si, à Abidjan, l’annonce de la libération de l’ancien président n’a pas été accueillie par de grandes scènes de liesse quand bien même les sympathisants de l’ancien chef de l’Etat ont accueilli la nouvelle avec joie, ce sont des dizaines d’ivoiriens qui, aux Pays-Bas, aux abords du siège de la CPI dans un quartier résidentiel de La Haye, ont brandit des drapeaux de leur pays en chantant «Gbagbo est libre !» ; une libération qui pour, Abdon Bayeto, l’un de ses proches conseillers, serait le prélude à la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Or, il y a lieu de reconnaître, toutefois, que la libération de l’ancien chef de l’Etat ivoirien survient à l’approche des élections présidentielles de 2020 et à un moment où l’actuel président Alassane Ouattara n’a pas encore déclaré s’il allait ou non se porter candidat pour un nouveau mandat. En outre, l’alliance de ce dernier avec Henri Konan Bedié avec lequel il s’était ligué contre Laurent Gbagbo a volé en éclats et, sauf revirement de la part de l’actuel Président de Côte d’Ivoire, rien n’empêcherait Laurent Gbagbo de briguer un nouveau mandat.

Considérant, enfin, que plus rien n’interdit, désormais, un nouveau duel Ouattara-Gbagbo lors des prochaines élections présidentielles de 2020, attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi