Essaouira – Le Festival « Génération Gnaoua des Jeunes » a soufflé jeudi en début de soirée à Essaouira, sa deuxième bougie aux rythmes et sonorités authentiques de cet art ancestral, avec l’organisation d’une déambulation dansante des différentes troupes gnaouies participantes à cette nouvelle édition.
Des jeunes artistes gnaouis d’Essaouira et en provenance de différentes villes du Royaume ont ainsi pris part à cette parade artistique riche en couleurs, qui a démarré de la Place El Mechouar à destination de la Place Moulay El Hassan, sous les ovations ininterrompues d’un public venu en masse renouer avec l’art gnaoui dans ses dimensions artistique, culturelle, rituelle et spirituelle les plus éloquentes.
A la Place Moulay El Hassan, les différentes troupes participantes et des groupes de musique traditionnelle, à l’instar de Hmadcha, ont, chacun à tour de rôle, gratifié les Souiris et les visiteurs de la cité des Alizés, d’une prestation artistique de toute beauté où sonorités et danses se sont mêlées en toute subtilité et avec une synchronisation inégalable, donnant ainsi un avant-goût aux festivaliers pour les autres spectacles à venir dans le cadre de ce rendez-vous renouvelé de l’art gnaoui.
Un événement signé l’Association Origines Gnaoua Essaouira qui, en cette première journée, a su transformer les coins traversés par les troupes participantes en une véritable scène musicale et artistique à ciel ouvert, pour le bonheur et le plaisir d’un public enchanté et envahi par le désir de découvrir cette musique de transe.
Pour clore cette première soirée en beauté, les festivaliers se sont donnés rendez-vous à l’espace Monde de »Dar Souiri » pour un concert musical des plus alléchants, mettant côte à côte l’ensemble des Mâalems participants à ce Festival 100% Jeunes, dédié à la préservation, à la promotion et surtout à la transmission de l’art gnaoui aux générations montantes.
Dans une allocution de circonstance, M. Anass Azza, président de l’Association « Origines Gnaoua Essaouira », a dit toute sa joie et sa fierté de voir ce festival fêter son 2ème anniversaire, rappelant que l’objectif de ce rendez-vous est de créer un espace d’expression au profit des jeunes, à même de leur permettre de mettre en avant leurs talents et exploiter leurs énergies positives.
« Ce festival porté par des jeunes souiris n’est autre que l’illustration de leur engagement constant à s’inscrire dans tous les efforts visant à promouvoir et à préserver cet art ancestral pour les générations futures, mais aussi à le faire connaître et le rendre proche du public aussi bien au niveau national qu’au-delà des frontières », a-t-il dit, mettant en avant l’impact de ce festival sur les plans touristique et économique et son rôle dans l’enrichissement de la scène artistique et culturelle de la cité des Alizés.
Le Festival »Génération Gnaoua des Jeunes » est aussi un espace d’expression, d’épanouissement et de promotion des valeurs de citoyenneté, a poursuivi M. Azza, réitérant l’engagement de l’Association »Origines Gnaoua pour les Jeunes » à persévérer sur la voie de l’excellence en vue de pérenniser ce rendez-vous. Il a aussi fait part de ses vifs remerciements aux autorités locales, aux partenaires et à l’Association Essaouira-Mogador pour leur appui.
Au nom de l’Association Essaouira-Mogador, M. Ahmed Harrouz a rappelé que ce festival se veut un véritable »produit » de jeunes souiris déterminés à préserver cet art ancestral en tant qu’un tout indivisible regroupant musique, culture, art, mode de vie et rituel, se félicitant de voir cette manifestation jeter des passerelles entre ces jeunes et de grands Maâlems gnaouis qui ont beaucoup donné à cet art. »Ce festival est un hommage à l’oeuvre de tous ces Maâlems », a-t-il dit.
Ce festival illustre l’action sérieuse et engagée visant la préservation du patrimoine culturel en général et celui gnaoui en particulier, un legs qui appartient à tous les Marocains, a-t-il indiqué, louant au passage les efforts déployés au niveau d’Essaouira aussi bien par les jeunes que par les différentes zaouias pour la préservation d’un patrimoine qui relève de l’identité nationale.
« Notre ambition est de parvenir à avoir deux festivals par mois au niveau de la ville d’Essaouira », a dit M. Harrouz, citant à titre d’exemple quelques festivals et moussems « formidables » à l’instar du festival Gnaoua et Musiques du Monde ou encore le Festival des Jeunes talents Gnaoua qui se tiendra en août prochain.
Il a insisté sur la nécessité d’appuyer ces jeunes et de les encourager car leur ambition porte sur la préservation et la transmission de cet art, soulignant qu’ils sont de jeunes talents qui contribuent au rayonnement de Tagnaouite à l’échelle nationale comme au plan international.
Cette nouvelle édition s’annonce riche en émotions et en rythmes et sonorités d’un art ancestral qui, de par sa singularité et sa richesse en tant que musique, culture et rituel, a su transcender les frontières nationales pour épouser l’universalité et être désormais destiné à l’ensemble de l’humanité.
Le Festival »Génération Gnaoua des Jeunes » rassemblera encore, cette année, divers groupes gnaouis d’Essaouira ainsi que d’autres villes du Maroc, pour des présentations musicales compétitives concernant le patrimoine gnaoui traditionnel, avec le suivi et l’encadrement d’un Jury composé des maâlems Ahmed Bakbou (Marrakech), Abdelkader Amlil (Rabat) et Hamid Dakaki (Fès).
L’un des moments forts de cette édition sera un colloque autour de la thématique »le patrimoine gnaoui et les jeunes pour le développement et l’échange interculturel », outre une exposition de toiles et une Lilla Gnaouia (soirée musciale).
Les festivaliers auront aussi à apprécier une exposition collective de toiles signées Mohyi Eddine Dahhaoui, Redouane Oulasri et Hassan Ajou.
Au menu figure également des soirées animées par les Maâlems Mouhssine Chalah (Essaouira), Zouhaïr Tahlaoui (Safi), Ismael Benaadi (Essaouira), Jalal Hachad (Casablanca), Amine Boujah (Essaouira), et Soufiane Biskouane (Marrakech), outre une cérémonie de remise de prix aux différents lauréats de cette édition.
Auteur: Meriem IGASS
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