Gestion des cas contacts d’un cas de diphtérie : Tout ce qu’il faut savoir sur le protocole du ministère de la santéGestion des cas contacts d’un cas de diphtérie : Tout ce qu’il faut savoir sur le protocole du ministère de la santé

Tous les sujets en contact avec un cas de diphtérie doivent être suivis quotidiennement pendant 10 jours pour repérer l’apparition de l’un des symptômes. 

Mesures : La gestion des cas contacts d’un cas de diphtérie repose sur un protocole strict défini par le ministère de la santé et de la protection sociale. Tout décès imputé à la diphtérie doit faire l’objet d’un audit détaillé. Les détails.

La diphtérie a fait sa réapparition au Maroc après plus de 30 ans d’absence, avec des premiers foyers détectés dans la région de Souss-Massa. Bien qu’il s’agisse pour l’instant de foyers localisés, une vigilance accrue et une extension de la surveillance ont été déclenchées à travers le pays. Le ministère de la santé et de la protection sociale a publié deux documents sur la gestion des cas contacts d’un cas de diphtérie.

Ainsi, le ministère définit un cas suspect comme étant une infection des voies respiratoires supérieures (pharyngite, rhinopharyngite, amygdalite ou laryngite) avec pseudomembrane adhérente des amygdales du pharynx, du larynx et/ou du nez. Il peut également s’agir d’une infection ORL compatible associée à une altération marquée de l’état général et/ou des signes évocateurs de complications systémiques (cardiaques, neurologiques, atteinte rénale aiguë, aggravation rapide sans cause évidente.
Pour ce qui est d’un cas probable de diphtérie, il s’agit de tout cas suspect épidémiologiquement lié à un cas confirmé en laboratoire ou tout cas suspect avec identification de bacilles Gram positif à l’examen direct. Quant au cas confirmé, il s’agit de tout cas suspect confirmé au laboratoire par PCR ou culture.

Cas contact

Est considéré comme un cas contact, toute personne ayant eu une exposition rapprochée avec le cas pendant la période de contagiosité, notamment les membres de la famille, personnes vivant sous le toit, collègues professionnels de santé, visiteurs. Tous les sujets en contact avec un cas de diphtérie doivent être suivis quotidiennement pendant 10 jours pour repérer l’apparition de l’un de ces symptômes : fièvre, angine ou gorge douloureuse, difficultés respiratoires ou gêne à avaler, ganglions gonflés dans le cou (adénopathies cervicales). L’antibioprophylaxie des contacts consiste à administrer un antibiotique de façon préventive à des personnes ayant été exposées à un cas contagieux, afin d’éviter le développement ou la transmission de l’infection. Pour les adultes, le protocole repose sur l’administration de l’Érythromycine 500mg 3 à 4 fois par jour pendant 7 jours et l’Azithromycine 500 mg/j pendant une durée de 3 à 5 jours. Pour les enfants, il s’agit de leur administrer l’Azithromycine 10 mg/kg une fois par jour (max. 500 mg/jour) pendant 3 à 5 jours.

Classification selon les niveaux de risque

Le ministère a établi une classification des contacts selon le niveau de risque. Ainsi, il y a un haut risque en cas d’exposition directe aux sécrétions respiratoires ou lésions cutanées du cas, promiscuité prolongée, soins sans protection adéquate. Le statut vaccinal n’exclut pas ce niveau, ce qui signifie qu’une personne vaccinée exposée à l’un de ces critères sera classée en «Risque Élevé», car la vaccination protège contre les effets de la toxine mais n’empêche pas totalement le portage ou la transmission de la bactérie. Sont exposés à ce risque élevé, les membres du foyer; les professionnels de santé ayant examiné le patient sans précautions standard; le contact direct avec salive, toux, éternuements, partage d’objets contaminés (ustensiles, brosse à dents, linge souillé), manipulation de lésions cutanées sans précautions. Le risque est modéré lorsqu’il y a contact rapproché mais sans exposition directe aux sécrétions. Dans ce cas, on peut donner comme exemple le cas des camarades de classe, des collègues partageant le même bureau, le personnel en contact fréquent dans le même service, les contacts sociaux rapprochés et répétés sans exposition directe aux sécrétions. Le risque est faible lorsqu’il s’agit d’un contact occasionnel, bref ou environnemental sans proximité prolongée.

Par ailleurs, le ministère précise qu’en cas de cas suspect, l’action doit être immédiate, sans attendre la confirmation biologique. Dans ce cas précis, plusieurs mesures d’urgence doivent être prises, à savoir l’isolement immédiat, la notification obligatoire et immédiate par téléphone à l’autorité sanitaire provinciale, le partage de l’information en temps réel avec le niveau régional et national (direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies) et la prise en charge clinique urgente. Celle-ci ne doit pas être retardée par l’attente des résultats. S’agissant de l’investigation épidémiologique, il est primordial de rechercher activement d’autres cas similaires dans l’entourage et les lieux fréquentés. Il s’agit également d’identifier, lister et classer les contacts selon le niveau de risque. A noter que le prélèvement oropharyngé doit être réalisé avant antibiothérapie. Si le traitement a déjà débuté, il est nécessaire de réaliser les prélèvements et signaler l’antibiothérapie au laboratoire. Tout décès imputé à la diphtérie doit faire l’objet d’un audit détaillé.

Auteur: Laila Zerrour
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