Pour preuve, certaines parties prenantes internationales n’ont pas jugé utile de s’en tenir à leurs engagements pris lors de cette Conférence. Ainsi, alors qu’elles devaient cesser toutes ingérences dans ce conflit et respecter l’embargo sur les armes décrété par l’ONU en 2011, elles ont fait tout simplement le contraire. Ainsi est-il constaté, depuis le 19 janvier, des interférences et l’envoi d’armes et de combattants étrangers en Libye ont redoublé.
Et même l’adoption par l’ONU d’un projet de résolution qui «endosse les résultats du sommet de Berlin, réclame un cessez-le-feu, une application stricte de l’embargo sur les armes, exige de tous les Etats membres qu’ils s’abstiennent d’intervenir dans le conflit et demande au secrétaire général des options pour contrôler une trêve», n’a pas été possible. L’ONU s’est contentée d’examiner le projet sans pour autant parvenir à se mettre d’accord sur un vote.
Cependant, cette impuissance n’est pas pour surprendre, tant l’implication politique et militaire de certains membres du Conseil de sécurité dans le conflit libyen est connue de tous. Dès lors, «la profonde colère et la déception» exprimées par l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, devant le Conseil de sécurité sont compréhensibles.
Il a parfaitement conscience que tous les efforts consentis pour amener les belligérants libyens à abandonner la voie des armes et prendre ce dialogue pour tenter de trouver un règlement pacifique au conflit, qui a plongé la Libye dans le chaos, seront vains, tant que leurs soutiens continueront à les alimenter en armes et combattants. Pis, le renforcement du soutien militaire risque d’entrainer toute la région dans une spirale de violences aux conséquences gravissimes.
L’émissaire de l’ONU a mis en garde : «Ces renforcements militaires dans les deux camps risquent de relancer le spectre d’un conflit large engloutissant l’ensemble de la région». Il est difficile de croire que les parrains des deux camps libyens ne soient pas conscients des retombées du conflit libyen. Mais force est de croire que seuls leurs intérêts géostratégiques comptent. Et il est à craindre que, parce que leurs intérêts sont placés au dessus de toutes autres considérations, ils ne manqueront pas de torpiller les efforts déployés par l’Union africaine et l’Algérie qui, à Brazzaville, ont proposé d’accueillir un «forum de réconciliation nationale» entre protagonistes de la crise en Libye, en vue de mettre un terme à ce conflit qui s’est transformé en guerre par procuration.
Nadia K.
Auteur: elmoudjahid
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