Devant le risque d’un embrasement généralisé, qui pèse sur la Libye si les combats violents qui opposent depuis le 4 avril les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale aux troupes du maréchal Khalifa Haftar aux portes de Tripoli, se poursuivent, l’Afrique se devait de faire entendre sa voix et interpeller les protagonistes libyens en leur rappelant leur responsabilité vis-à-vis de la population et la région. Dans ce sens plusieurs dirigeants africains se sont réunis au Caire à l’initiative du président égyptien en exercice de l’Union africaine (UA) et ont demandé à l’issue de leur sommet «l’arrêt immédiat et inconditionnel» des combats. Les dirigeants africains ont examiné lors de leur rencontre «les moyens d’endiguer la crise et de relancer le processus politique». «La réunion d’aujourd’hui répond à notre responsabilité commune de soutenir la stabilité et l’unité de la Libye, ainsi que son intégrité territoriale», a déclaré le président Sissi lors de la rencontre. Le pays doit être «protégé des dangers du terrorisme et des interventions étrangères permanentes au cours des dernières années», a-t-il ajouté. Mais il semble que les moyens recherchés n’ont pas été trouvés, d’où l’appel à la retenue. En fait, il aurait été naïf de croire que les dirigeants africains réunis au Caire auraient pu trouver, même après plusieurs heures de réflexion, la recette pour être entendus par le maréchal Haftar qui porte la responsabilité de la détérioration de la situation actuelle. Ce dernier semble compter sur le soutien que lui apportent des puissances mondiales et estime dans ce cas qu’il n’a pas à répondre favorablement ni à l’appel lancé par l’UA ni à ceux qui proviendraient de l’ONU et de son émissaire, Ghassan Salamé. C’est dire que la marge de manœuvre des Africains est très réduite et que toute leur bonne volonté ne pourrait suffire à convaincre le maréchal Haftar à faire preuve de «retenue». La Libye est otage non seulement de la volonté des protagonistes mais aussi des agendas extérieurs. Le chef du Gouvernement d’union nationale libyen (GNA), Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale aura beau se dire surpris par le soutien que ces puissances dont la France apportent à son rival, il ne pourra pas pour autant changer la donne. Le maréchal Haftar est le seul qui à leurs yeux est actuellement en mesure d’assurer la sécurisation des ressources pétrolières de Libye. À bon entendeur.
Nadia K.
Auteur: elmoudjahid
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