Au Soudan, les efforts déployés pour dépasser la crise que traverse ce pays depuis la destitution, le 11 avril, du président El Béchir par l’armée se poursuivent. Le dialogue entamé entre le Conseil militaire, qui a pris les rênes du pays, et les représentants des contestataires en vue de céder le pouvoir à une administration civile se poursuit. Mais les deux parties sont loin d’être d’accord sur tous les points. Des divergences persistent encore. À ce stade de la négociation, c’est tout à fait normal. Mais la reprise hier de ce dialogue dénote de la volonté tant des militaires que des civils, qui revendiquent notamment la mise en place d’un organe composé majoritairement de civils pour gérer la période de transition, de surmonter l’impasse. L’Alliance pour la Liberté et le changement (ALC), principal interlocuteur de l’armée a indiqué avoir identifié les points de désaccord et proposé de parvenir à les résoudre en l’espace de «72 heures» à partir du début des discussions. L’optimisme dont fait preuve l’ALC est révélateur de cette détermination, affichée du reste de part et d’autre, de ne pas laisser la crise s’enliser dans la durée. Les pourparlers se déroulent dans une «atmosphère optimiste», a dit pour sa part le général Kabbachi, porte-parole du Conseil militaire de transition, dans un communiqué. Il est en effet, important d’aller le plus rapidement possible vers cette transition politique qui remettra le Soudan sur les rails, d’autant plus que les difficultés économiques du pays qui ont conduit les Soudanais à se révolter au mois de décembre après l’annonce de l’augmentation du prix du pain n’ont pas disparues. Mieux encore elles ne disparaitront pas tant que l’instabilité politique sera de mise. C’est pourquoi les deux parties doivent parvenir à un accord notamment sur l’organisation de la période de transition. Certes, cela ne sera pas facile, d’où du reste toute l’utilité du dialogue en cours, mais parce que les responsables de l’armée et ceux de la coordination des mouvements qui portent les revendications des Soudanais sortis dans la rue ne peuvent qu’être conscients des enjeux. Force est de croire que les deux parties feront tout pour transcender leur divergences et trouver un terrain d’entente. L’essentiel étant d’avancer d’un pas assuré sur la voie que le départ du président  el Béchir a tracé.

Nadia K.

Auteur: elmoudjahid
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