L’Afrique revendique, à juste titre, le droit de gérer ses problèmes, conflits y compris, et de leur trouver ses propres solutions. « L’un des cardinaux de la philosophie de l’Union Africaine (UA) veut que des problèmes africains trouvent des solutions africaines », avait affirmé en 2017 le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, qui a également insisté sur « le rôle de son institution dans la stabilité du continent ». Cette philosophie sera du reste mise en œuvre notamment par l’implication de l’UA dans le conflit centrafricain. Aussi deux ans durant, elle œuvrera auprès des parties centrafricaines pour les amener au bout d’intenses efforts à signer, le 6 février 2019, un Accord de paix et de réconciliation à Bangui. Mais alors que l’espoir était permis de croire que la signature de ce huitième accord, soutenu par tous les partenaires de Bangui allait permettre à la République centrafricaine de tourner la page et de retrouver la stabilité, sa mise en œuvre n’allait pas manquer de donner lieu à de nouvelles contestations. Onze des quatorze groupes armés signataires ont exigé la démission du Premier ministre, Firmin Ngrebada, et souhaitent « discuter directement avec le président de la république ». Devant la crainte de voir cet accord connaitre le même sort que les sept précédents, le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA a convoqué une réunion à Addis-Abeba en vue de tenter de désamorcer cette nouvelle crise naissante. D’autant que pour l’UA, l’échec de sa médiation dans ce conflit reviendrait à conforter les tenants du recours à des médiations autre qu’africaine pour concilier les points de vue des parties en conflit. C’est dire que voir l’UA se presser au chevet de l’Accord de Paix et de Réconciliation de Khartoum n’est pas pour surprendre. C’est en quelque sorte pour défendre la justesse de sa philosophie revendiquée auprès des ses partenaires. Reste à se demander si l’institution africaine pourra concilier les points de vue et partant sauver l’Accord. Sa crédibilité est engagée et l’Accord de paix de Bangui risque ainsi de constituer un révélateur quant à sa capacité à trouver des solutions durables aux problèmes que connait le continent africain.
Nadia K.
Auteur: elmoudjahid
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