Créée le 17 juillet 1998 et entrée en vigueur le 1er juillet 2002, après la ratification du Traité de Rome, qui constitue son fondement juridique, la Cour pénale internationale (CPI) n’en finit pas d’être ébranlée. Certes, pour des raisons différentes, mais au final le résultat est le même. Le souci pour ceux qui l’ont pensé est bien là et la conséquence aujourd’hui est que la CPI n’arrive pas à s’imposer. La juridiction est incapable d’aller au bout de ses missions. En effet, première cour permanente, la CPI avait pour objectif de «contribuer à mettre fin à l’impunité des auteurs des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale». A savoir, les crimes de guerre, les crimes contre la paix et les crimes contre l’humanité. Or, il lui aura fallu juste quelques années d’exercice pour se rendre compte que les écueils qu’elle allait trouver sur son chemin sont bien plus nombreux qu’il aurait été permis de croire. Après vingt ans d’existence, son autorité est remise en cause, ce qui risque d’en faire à terme une coquille vide. En fait on a fait en sorte de la vider. La réaction de Washington suite à son intention d’enquêter sur les crimes des militaires américains, notamment en Afghanistan démontre si besoin est que la CPI n’est tolérée que comme un instrument brandi contre certains, les plus faibles s’entend, et ne doit nullement se pencher sur les accusations de crimes proférées à l’encontre des puissants ou leurs alliés. Pour preuve, les Etats-Unis qui avaient menacé en septembre dernier les juges ou procureurs de la CPI de sanctions s’ils s’en prenaient à des Américains ou à Israël, ont mis à exécution leur menace en annonçant des restrictions de visa pour tenter d’empêcher toute enquête de l’institution contre des militaires américains. Le secrétaire d’Etat américain a également menacé de prendre «des mesures supplémentaires, y compris des sanctions économiques, si la CPI ne change pas d’attitude». c’est dire que tant que cette juridiction pénale consacrait son énergie à enquêter sur les crimes qui auraient été commis par les dirigeants africains, quitte à se voir accuser de «deux poids deux mesures», et de se livrer à «une sorte de chasse raciale» poussant ainsi l’Union africaine à entériner fin janvier 2017 le principe d’un «retrait collectif» du statut de Rome, cela ne posait pas problème. L’essentiel c’est de ne pas mettre son nez dans les affaires des autres. Pourtant l’institution judiciaire se refuse à abdiquer. Elle a réagi en déclarant qu’elle «continuera à faire son travail indépendamment, sans se laisser décourager, en accord avec son mandat». 

 Nadia K.

Auteur: elmoudjahid
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