Cette enveloppe pourrait être mobilisée à travers plusieurs mécanismes avec entre autres, un meilleur arbitrage budgétaire en faveur de l’éducation.

Avec un financement annuel estimé à 4,5 milliards de Fcfa, la gratuité du préscolaire public au Cameroun est à portée de main. Le message a été récemment porté par la Cameroon Education For All Network (Cefan) lors de sa conférence de presse annuelle consacrée au plaidoyer pour l’éducation de la petite enfance.Face aux médias, Josué Baloma, Coordonnateur national du Cefan, a rappelé que le droit à l’éducation est un droit humain fondamental qui s’exerce dès la naissance. Pourtant, selon les données du réseau, seuls 40 % des enfants âgés de 4 à 5 ans ont accès au préscolaire, laissant plus de 900 000 enfants en marge, principalement pour des raisons financières.Le principal obstacle identifié reste le coût du préscolaire public, avec des frais exigibles d’environ 7 500 Fcfa, auxquels s’ajoutent les charges connexes. Une situation paradoxale, selon le Cefan, alors que les études internationales démontrent que l’investissement dans la petite enfance est le plus rentable sur les plans social et économique.Pour le réseau, 4,5 milliards de Fcfa suffiraient à supprimer ces frais et aligner le préscolaire sur le primaire, déjà gratuit. Cette enveloppe pourrait être mobilisée à travers un meilleur arbitrage budgétaire en faveur de l’éducation, des mécanismes innovants de financement, la contribution du secteur privé via la responsabilité sociétale des entreprises, ou encore certaines taxes ciblées.S’appuyant sur les engagements internationaux et régionaux du Cameroun, ainsi que sur les cadres nationaux comme la SND30 et le Dssef 2024-2030, le Cefan appelle à l’adoption d’une loi consacrant clairement la gratuité de l’éducation de base, incluant le préscolaire.La conférence s’est tenue en présence de plusieurs membres du Cefan et de leaders de plateformes nationales œuvrant pour une éducation inclusive et de qualité, qui ont unanimement plaidé pour un investissement accru dans la petite enfance.« Investir dans le préscolaire, c’est investir dans l’avenir du Cameroun », a conclu Josué Baloma, appelant les pouvoirs publics et les médias à soutenir cette cause de justice sociale et d’égalité des chances.

Benjamin AVA

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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