La grève à laquelle ont appelé hier plusieurs syndicats autonomes du secteur de l’Éducation nationale a été «faiblement» suivie dans les établissements éducatifs des trois cycles de l’enseignement (primaire, moyen et secondaire) à Alger, a constaté l’APS. Dans la commune d’El- Madania, le taux de participation à cette grève était «faible», les élèves des écoles Mohamed- Bouder et Fatma-Ghezzal, et ceux du collège Fatiha-Artani ayant eu cours normalement. Les enseignants du collège Abbes-Laghrour ont répondu partiellement à l’appel de grève, mais les élèves ont été maintenus dans les classes. Au niveau du lycée Mohamed-Boudiaf, quelques enseignants qui ont libéré les élèves ont participé à cette grève. S’agissant de la commune de Bir Mourad-Raïs, les enseignants du collège ont largement répondu à l’appel de grève, libérant les élèves de 1re, 2e et 3e années moyennes, et gardant ceux de 4e année (classe d’examen). L’appel à la grève a été partiellement suivi dans les communes de Sidi M’hamed et de Belouizdad, notamment au niveau des lycées El- Idrissi et Ibn-Nass, où les élèves ont été libérés, alors que les élèves des collèges Ali-Mellah, Ibn-El-Massib et Mohamed-Zekkal ont suivi normalement les cours. Les élèves des cycles primaire et moyen des communes d’El-Biar et de Ben Aknoun, à l’image des collèges des frères El- Mahdi et d’Ayachi-Guettai, ainsi que le primaire Mohamed Ben Aïssa ont rejoint leurs classes. Le mot d’ordre de grève a donné lieu à un taux de suivi mitigé dans plusieurs wilayas de l’ouest du pays. À Oran, le taux de suivi de la grève a été estimé à plus de 70% par les grévistes, et de «très faible» par la cellule de communication de la direction de l’éducation. Quelques lycées de la wilaya auraient enregistré un taux de suivi de 100%, selon la coordination d’Oran du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA). Administration et grévistes se sont livrés à une bataille des chiffres concernant les taux de suivi de ce mouvement de protestation de deux jours. Que ce soit à Mostaganem, à Tissemsilt, à El-Bayadh, à Sidi Bel-Abbès, à Mascara, à Tiaret, à Tlemcen, à Aïn Témouchent ou à Relizane, les taux fournis par l’administration ne dépassent pas «les 10%». En parallèle, les syndicats en grève avancent des taux de «plus de 50%».
Cette grève de deux jours intervient suite à l’appel lancé par plusieurs syndicats autonomes, à savoir : l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) et le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste).  Cette grève sera suivie aujourd’hui par d’autres sit-in au niveau des directions de l’éducation des wilayas de Relizane, Blida, Batna et Laghouat. Les revendications des syndicats portent essentiellement sur des aspects socio-professionnels et pédagogiques concernant le reclassement du personnel de certains services (économique, de l’orientation scolaire et professionnelle, des laborantins et des superviseurs… ), le maintien de la retraite proportionnelle sans condition d’âge et la mise en place de mécanismes rétablissant l’équilibre du pouvoir d’achat.  Parmi les revendications, l’actualisation de la prime de zone sur la base du nouveau salaire de base, au lieu de celui de 1989, et l’accès des professeurs formés après le 3 juin 2012 à une promotion au grade de professeur formateur, en valorisant leur expérience professionnelle, le respect du repos hebdomadaire et la valorisation du droit à un congé de maladie. Sur le plan pédagogique, les représentants des syndicats revendiquent, notamment la révision des programmes scolaires en fonction du niveau des apprenants, et particulièrement ceux de l’école primaire, l’amélioration de la formation, des conditions de travail et de scolarisation, la réalisation d’un enseignement de qualité, la réduction du volume horaire pour l’ensemble des paliers en respectant le volume de travail et les tâches assignées, la préservation du pouvoir pédagogique des enseignants et la liberté d’exercer l’action syndicale. Pour rappel, la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit, avait indiqué, la semaine passée, que certaines revendications des syndicats ne relevaient pas des compétences de son département, citant particulièrement la loi sur la retraite, la revalorisation des salaires et la hausse de niveau de vie. «Il faut dire, à ce propos, que l’essentiel des revendications salariales a été acquis entre 2011 et 2012», a-t-elle rappelé, faisant remarquer, toutefois, l’inexistence, auparavant, de la gestion des carrières.

Auteur: elmoudjahid
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