Pour son huitième jour consécutif, la grève des magistrats occupe encore les devants de l’actualité nationale. La protestation des juges se poursuit, et face à un tel constat qui en appelle à une solution urgente, force est de constater que les relations entre le ministère de tutelle et le Syndicat national des magistrats (SNM) se compliquent, c’est le moins que l’on puisse dire. Ceci dit, qu’il y ait dénouement du conflit qui oppose les magistrats à leur tutelle, cela ne relève pas de l’impossible. Dans cette optique, le ministère a de nouveau réitéré son appel au dialogue par le biais de son directeur des affaires juridiques, M. Abdelhafidh Djaarir, qui est intervenu hier sur les ondes de la chaîne 3 de la Radio nationale. «Le dialogue reste ouvert entre le ministère de la Justice et le Syndicat, dont les revendications socioprofessionnelles et les doléances ont besoin d’être prises en charge», a-t-il souligné. Et de poursuivre: «Nous comprenons parfaitement la détresse dans laquelle se trouvent les magistrats, mais j’exhorte le SNM à être légaliste et à respecter les lois de la République.» Il regrette aussi que «des magistrats, garants de la législation et du respect des lois de la République, agissent de la sorte», tout en réitérant la «disponibilité du ministère de la Justice à les écouter et à régler leurs problèmes socioprofessionnels».
 Le même responsable ne manquera pas, en outre, de rappeler que le ministère avait déjà invité le syndicat au dialogue «pour régler le problème des salaires et d’autres questions d’ordre socioprofessionnel». Il fait sans doute allusion au communiqué diffusé jeudi et dans lequel le même département s’est dit «ouvert à toute initiative dans le cadre d’un dialogue sérieux, respectant l’indépendance des institutions, les droits du magistrat, les intérêts des justiciables et les intérêts suprêmes de la société, qu’il convient de placer au-dessus de toutes considérations».
Dans le même document, il a été rappelé, également, la programmation pour la troisième semaine du mois courant de la réunion ordinaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), une opportunité pour les magistrats qui s’estiment lésés par le dernier mouvement national pour introduire leurs recours qui «seront tranchés dans le cadre des dispositions de l’article 19 de la loi relative à la composition du Conseil supérieur de la magistrature, ses actions et ses prérogatives».
Pour le directeur des affaires juridiques, «il est d’usage que le ministère opère chaque année un mouvement, lequel est ordinaire», précisant que  «le dernier mouvement a été préparé à la fin du mois d’août, mais après la convocation du corps électoral, il a été reporté». «Nous avons reçu cette année plus de 1.297 demandes de mutation qui ont été étudiées», a encore fait savoir l’invité de la Radio nationale, indiquant que «80% des magistrats voulaient travailler dans les grandes villes du Nord du pays, alors que d’autres étaient restés à leurs postes pendant plusieurs années, ce qui n’est pas normal», a-t-il dit. 
Un second communiqué du ministère dément, quant à lui, l’information relayée par un journal électronique selon laquelle le chef de l’Etat aurait mis fin aux fonctions du Secrétaire général (SG) du ministère de la Justice et du Directeur général (DG) des ressources humaines.  «Cette information est infondée», précise-t-on. «Le magistrat, à l’origine de cette information, est mû par des intentions malveillantes. Avec une telle attitude contraire aux règles élémentaires de déontologie, il tente de semer le doute chez ses collègues, en adoptant un comportement indigne d’un magistrat», lit-on en outre dans le même document.

Le SNM s’engage à garantir le service minimum

De son côté, le SNM s’est engagé hier à «assurer le service minimum, en application des décisions de son Conseil national, et partant, du souci des magistrats grévistes d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis du citoyen et de la société et d’éviter les situations de détention arbitraire», indique le syndicat dans une note d’information reprise par l’agence APS. Il est précisé à cet effet que « les magistrats auront à prononcer tous les verdicts relatifs aux affaires en examen de détenus, statuer en matière de libertés en première présentation, tant en comparution immédiate que par réquisitoires introductifs, trancher sur toutes les demandes relatives à la détention conditionnées par des délais légaux, statuer sur les affaires de référé d’heure à heure, et trancher sur les demandes de prolongation de la garde à vue et d’interdiction de quitter le territoire national».
Les magistrats grévistes devront, également, «statuer sur les demandes d’extension de la compétence et les mandats de perquisition, la délivrance des permis d’inhumer, la délivrance des permis de communiquer avec les détenus et d’assurer la permanence au niveau des juridictions et de s’acquitter de toutes les tâches y afférentes», ajoute la même note.
Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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