Hamid Ferhi, le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), décédé mardi 5 février à l’hôpital de Beni Messous, a été enterré, jeudi, au cimetière de Sidi Fredj, à l’ouest d’Alger, là même où sont enterrés les enfants de son quartier (Staouéli) qui l’a vu grandir, et au côté de son frère cadet. Ils étaient des centaines, femmes et hommes, à s’être déplacés pour accompagner le défunt à sa dernière demeure.

Plusieurs chefs ou représentants de partis politiques, anciens et nouveaux, tels que Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Sofiane Djilali, de Jil Jadid, Salhi Chawki, ancien président du Parti socialiste des travailleurs (PST), pour ne citer que ceux-là, ont tenu à être présents. D’anciens compagnons de parcours du temps du PAGS (Parti de l’avant-garde socialiste), venus même de France pour quelques-uns d’entre eux, ont également fait le déplacement au cimetière de Sidi Fredj. Des militants et défenseurs des droits de l’homme de plusieurs régions du pays, de Kabylie, de Tkout (Batna) ou bien de Ouargla, ont assisté aussi à l’enterrement du «camarade».

C’est le cas notamment de l’ancien animateur du mouvement des Archs de Kabylie, Belaïd Abrika, ou Khaled Guermah, père de Massinissa, le jeune de 18 ans, tué le 18 avril 2001 à Beni Douala, à Tizi Ouzou, par des balles tirées par un gendarme à l’intérieur même d’une brigade de la gendarmerie, ce qui sera le prélude à un long mouvement de contestation réprimé dans le sang (126 morts). Par contre, aucun «officiel» n’a daigné assister à l’enterrement du militant «infatigable», comme le décrivent ses amis et camarades. «De toute façon, cela aurait été une offense pour lui», nous dira l’un des présents. «Durant toute sa vie il les a combattus. Il a refusé leurs privilèges. Il n’aurait sûrement pas aimé qu’aujourd’hui ils se présentent ici», a estimé l’un de ses anciens compagnons.

L’oraison funèbre a été lue par Fethi Ghares, le porte-parole du parti. «Tu nous as quittés, mais tu n’es pas mort», a-t-il dit à la fin. Après avoir été mis sous terre, ses camarades, amis et proches se sont mis à scander le fameux chant «Mazalna Thouar» (Nous restons des révolutionnaires, ndlr). «Hamid était un militant, un vrai. Il ne vivait que pour les autres. Même sur son lit d’hôpital, il faisait des suggestions relatives au secteur de la santé. Il aurait été heureux de voir que pour sa mise sous terre, les aspirations du peuple se soient fait entendre», dira l’un des présents s’exprimant devant un groupe de jeunes militants du MDS. Ce n’est que vers 14h30 que la foule a commencé à se disperser. Né en 1958, Hamid Ferhi a été victime d’un AVC en décembre dernier. Il avait été hospitalisé pendant quelques jours à Mustapha Bacha, à Alger, avant d’être autorisé à rentrer chez lui.

Son état de santé s’est par la suite détérioré. Trois jours avant son décès, le MDS avait publié une photo de lui, assis sur une chaise, pendant toute une nuit, alors qu’il nécessitait une intervention chirurgicale. Le coordinateur du MDS est finalement décédé mardi dernier en fin de journée. La veillée du troisième jour aura lieu aujourd’hui au siège du MDS, à Télemly (Alger).

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