L’auteur essaye de faire comprendre comment fonctionnait le monde musulman autour de Haroun al Rachid au début du IX° siècle, que ce soit au niveau politique, mais aussi culturel, technique et historique. Il essaye de synchroniser plusieurs tournants historiques, culturels et techniques importants.
En réalité le règne de Haroun Arrachid est une période trouble, qui ouvre également la voie à ce qu’Éric Vallet, historien français (professeur à Paris I) nomme « la dissémination de l’État califal ». La perte de la partie africaine de l’Empire, d’abord, a lieu sous son califat : la dynastie des Idrissides prend le pouvoir au Maghreb en 788 et s’autonomise par rapport à l’État abbasside, tandis qu’en l’an 800, le propre gouverneur du calife, Ibrahim ibn al-Aghlab, établit un pouvoir personnel sur la province d’Ifriqiya. Mais c’est surtout la guerre de succession qui suit la mort du calife et oppose ses deux fils, al-Amin et al-MA‘Mun, qui entérine l’émiettement du territoire impérial et l’éclatement du pouvoir. Les causes de cette quatrième « fitna », (discorde) ou « guerre civile » de l’histoire de l’Islam, sont multiples : outre l’inimitié qui sépare les deux frères, c’est aussi le statut de leurs mères respectives qui joue, la mère de l’aîné al-Ma‘mûn étant une esclave alors qu’al-Amin est le fils d’une princesse abbasside, Zubayda. L’hésitation de Haroun Arrachid lui-même, enfin, est la raison principale de cette discorde : réservant d’abord Bagdad et le califat à al-Amin tandis qu’al-Ma‘mûn se voyait attribuer le Khurâsân et devenait l’héritier de son frère, il revient sur cette décision peu avant sa mort, sous l’effet d’une sorte de vision, et demande à ses conseillers alors présents de faire d’al-Ma‘mûn son héritier. C’est finalement ce dernier qui l’emporte en 813 lorsqu’il conquiert Bagdad ; désormais incontesté, il règnera jusqu’à sa mort (en 833), mais cet épisode a pour conséquence de fragiliser davantage l’unité du royaume ainsi que la dynastie abbasside elle-même.
Auteur: letemps1
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