On croit rêver: il aura suffi d’un virus pour être acculés au bricolage, aux vieilles recettes de nos grand-mères, aux confinements, et à la distanciation physique, faute de traitement ou de vaccin, comme aux heures les plus sombres de l’humanité.
Le coronavirus est un point de fracture dans l’histoire de l’humanité. Il y aura désormais un avant et un après coronavirus. Jamais? on n’aura paru aussi vulnérable. Pascal comparaît il y a quatre siècles l’homme au roseau pensant. De fait, de toutes les créatures, il est le seul à être doué de raison. Il a traversé les âges,réalisé des prouesses dont il est seul capable, conquis l’espace, fait faire aux sciences et à la médecine en particulier des progrès prodigieux en éradiquant les épidémies, courantes au moyen âge, dompté la nature. Au point d’oublier l’essentiel, ses fragilités. Lorsque nos grand mères évoquaient devant nous les fléaux qu’elles avaient vécues tout au long du siècle, comme la peste noire, le choléra, les famines, les inondations c’est à peine qu’on leur prêtait l’oreille, convaincus que nous en sommes immunisés.
A quelque chose, malheur est bon. Cette crise malgré les dégâts qu’elle a provoqués dans le monde entier, nous a dessillé les yeux sur nos faiblesses. Coronavirus, c’est une simple piqûre de rappel. Le pire est peut-être à venir. Les dérèglements climatiques, la pollution, l’urbanisation sauvage, les pesticides, l’épuisement des énergies fossiles, tout cela ce sont des signes avant-coureurs d’une catastrophe qui semble inévitable.
Cette pandémie alimentera les conversations pour longtemps dans les chaumières.Tirons-en les enseignements. Ne ratons pas cette opportunité pour nous amender. Nous sommes en train de vivre des heures historiques, un moment où notre rapport à la vie comme à la mort ne sera jamais plus le même.
………………………………………………………………………..
Il y a quelques jours, le Premier ministre français présentait son plan de déconfinement à l’Assemblée nationale. Débats passionnés comme prévu. Ils ont leurs populistes qui rêvent du grand soir mais qui savent jusqu’où il ne faut pas aller trop loin. Instinctivement, ils ont compris que l’heure n’était plus aux invectives mais à l’union sacrée. Par charité, nous n’allons pas établir un parallèle avec notre ARP. Deux siècles nous séparent d’eux. Il paraît que la démocratie requiert un minimum de rationalité pour prospérer dans un pays. Faute de quoi, elle tourne à l’anarchie.
Hédi Béhi
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.
