Le chef de la diplomatie française qui  s’exprimait, dimanche, lors d’une émission conjointe sur RTL/LCI/Le Figaro, et qui répondait à une question sur l’élection, en Algérie, le 12 décembre dernier du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a souligné à cette  occasion, que « de nouvelles perspectives s’offrent pour les relations entre la France et l’Algérie, actuellement »  et que « si la mémoire partagée peut faire partie de cet ensemble nouveau, ce serait une très bonne nouvelle pour tout le monde».   M. Jean-Yves Le Drian a également qualifié de «souhaitable» le travail de mémoire entre les deux pays.

 Il convient de signaler, dans ce contexte, que le chef de la diplomatie française répondait, en fait, à une question relative aux récents propos du président français Emmanuel Macron, qui avait établi un parallèle entre la Révolution algérienne  et la reconnaissance par Jacques Chirac, en 1995, de la responsabilité de la France dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale, (la Shoah).

«Nous avons en Algérie une situation qui est complètement nouvelle, qui va sans doute engager des évolutions significatives de ce pays», a par ailleurs estimé le ministre des Affaires étrangères en référence à la récente élection du président Abdelmadjid Tebboune. «De nouvelles perspectives s’offrent pour les relations entre France et Algérie. Si la mémoire partagée peut faire partie de cet ensemble nouveau, ce serait une très bonne nouvelle pour tout le monde», a insisté le ministre.

Concernant la guerre de libération nationale, M. Jean-Yves Le Drian ajoutera à ce propos qu’«il faudrait que nous ayons, ensemble, un travail de mémoire », tout en mettant en relief que les autorités algériennes souhaitaient ce processus. De même qu’il a mis l’accent sur le fait que les Français avaient eux aussi « besoin d’avoir, sur ce sujet là, un moment de rappel historique et de vérification », a-t-il dit.

Du côté de la partie algérienne, il a toujours été mis l’accent sur l’importance du règlement, en entier, des dossiers de la mémoire. D’ailleurs et pas plus tard que la semaine dernière, le  ministre des Moudjahidine et Ayants-droits, M. Tayeb Zitouni, a longuement insisté sur cette question, déclarant  à cet effet que «la relation entre Alger et Paris ne pourrait être promue au niveau voulu sans le règlement définitif des dossiers de la mémoire actuellement en suspens». M. Tayeb Zitouni, qui s’exprimait en marge d’une rencontre historique organisée au musée national du Moudjahid a aussi précisé que les dossiers sont « lourds » et « complexes » et qu’ils attendent toujours à être solutionnés. Dans son allocution prononcée à l’occasion de la commémoration du 63e anniversaire de la grève historique des 8 jours du 28 janvier 1957, le ministre des Moudjahidine et des ayants droits a souligné que l’optimisation des rapports ne peut se produire sans aborder ces dossiers « avec toute la sérénité requise».

Ces déclarations à maintes reprises soulignées traduisent, en fait,  l’importance majeure  accordée par l’Etat à ces dossiers. Il s’agit notamment des dossiers relatifs à la restitution des crânes des résistants algériens , à la récupération  des archives de l’Algérie détenues en France, aux disparus et aux victimes des essais nucléaires  entrepris par l’armée coloniale dans le Sud de notre pays.  M. Tayeb Zitouni a également – à moult occasions et rencontres à caractère historique – insisté sur l’impérieuse nécessité, voire  l’impératif, de poursuivre l’écriture de l’histoire nationale, que nous devons préserver, faire connaitre toutes ses dimensions et la documenter à travers les études des chercheurs, enseignants, historiens et étudiants, en soutien aux efforts consentis par le secteur en charge des Moudjahidine et des ayants droits pour la préservation de la mémoire de la Nation et sa transmission aux générations montantes.

Soraya Guemmouri

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.