«Un jour historique pour la Corée»… L’ex-diplomate nord-coréen Thae Yong Ho a appris jeudi sa victoire aux législatives en Corée du Sud, quatre ans après s’être retrouvé en Une de la presse mondiale en faisant défection alors qu’il était le numéro 2 de l’ambassade de Corée du Nord en Grande-Bretagne.
M. Thae est le
premier transfuge du Nord choisi directement par les électeurs sud-coréens, ce
qui adressera selon lui un message très fort à toute la hiérarchie
nord-coréenne.
«C’est un jour
historique, non seulement pour moi, mais pour l’histoire de la Corée», a-t-il
déclaré jeudi à l’AFP. Il n’a pu retenir ses larmes en entonnant l’hymne
sud-coréen après avoir pris connaissance des résultats définitifs des
législatives organisées la veille.
M. Thae, qui se
présentait sous les couleurs du Parti pour un avenir uni (opposition conservatrice),
a été élu avec 58,4% des voix dans la circonscription de Gangnam, quartier chic
de Séoul qui avait été rendu mondialement célèbre par le chanteur Psy.
C’est sous le
nom de Tae Ku-min qu’il s’était présenté, en reprenant ce pseudonyme qu’il
s’était donné en arrivant au Sud après sa fuite de Londres pour tenter de
brouiller les pistes vis-à-vis des agents nord-coréens.
Issu d’une
famille de serviteurs loyaux du régime nord-coréen, M. Thae avait créé la
stupeur en faisant défection en août 2016.
Il avait dit
avoir perdu ses illusions sur Kim Jong Un et être passé au Sud pour épargner à
ses enfants, qui ont vécu à Pyongyang et en Europe, une vie «misérable» en
Corée du Nord.
Depuis lors, M.
Thae est un critique farouche du régime nord-coréen comme de la politique
d’apaisement du président sud-coréen de centre gauche Moon Jae-in.
Le Parti
démocratique du chef de l’Etat a cependant obtenu lors des législatives la plus
forte majorité depuis l’avènement de la démocratie en 1987, avec une
participation qui était la plus élevée depuis 28 ans.
Un résultat qui
s’explique surtout par la satisfaction des Sud-Coréens quant à la gestion de la
crise du coronavirus par le gouvernement.
De son côté, M.
Thae a formé le voeu que son élection donne espoir aux Nord-Coréens et à leur
élite en exposant «la vraie nature de la démocratie libre de Corée du Sud» et
en leur montrant comment se déroule «un scrutin libre et démocratique».
Les élections
sont un concept radicalement différent selon qu’on se trouve au Sud ou au Nord
de la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule en deux Etats toujours
techniquement en guerre.
Au Nord, les
citoyens attendent en ordre de placer dans l’urne un bulletin imprimé à
l’avance comportant le nom du candidat unique, sous le regard du fondateur du
régime Kim Il Sung et de son fils et successeur Kim Jong Il, dont les portraits
sont omniprésents.
«Un jour, je
suis sûr que les Nord-Coréens adopteront le même processus électoral» qu’au
Sud, avait déclaré M. Thae à l’AFP pendant sa campagne.
Il ne sera
cependant pas le seul réfugié du Nord à siéger à l’Assemblée nationale
sud-coréenne.
Un autre
transfuge, Ji Seong-ho, a été lui aussi élu mais dans le contingent de députés
désignés à la proportionnelle, également sous les couleurs de l’opposition.
Ce réfugié
nord-coréen amputé d’une main et d’une jambe était devenu mondialement célèbre
en 2018 quand il avait été salué par le président américain Donald Trump en
plein Discours sur l’état de l’union.
On estime à
33.000 le nombre de Nord-Coréens devenus transfuges au Sud depuis la fin de la
Guerre de Corée, en 1953. Mais il est rare que de hauts responsables le
fassent.
Passé au Sud
avec femme et enfants, M. Thae avait été qualifié de «pourriture humaine» par
Pyongyang qui l’accuse d’avoir détourné une importante somme d’argent, violé un
mineur et espionné pour le compte de Séoul.
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Auteur: M’hammed rahal
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