Par Charfeddine Guellouz – Il est difficile de faire un témoignage global sur Souad Guellouz. Le personnage est d’une profondeur intense. Je m’efforcerai d’effleurer un aspect de l’ambiance familiale au sens large dans laquelle elle a vécu.
Souad a ouvert les yeux au milieu d’une grande famille, relativement ouverte, implantée dans le village pittoresque de Metline. Un grand père imam et notaire, un père haut fonctionnaire, très cultivé et moderne ainsi que sa mère qu’elle adorait par-dessus tout ,ont influencé sa vie: Elle portait le sefsari lors de ses déplacements à Metline et vivait sa modernité à Tunis.
Autour d’elle , sa sœur, les frères, les oncles, les tantes, les grands oncles et grandes tantes à plusieurs degrés et de tous âges, formaient une foule familière et proche d’elle malgré sa diversité. Il y avait dans ce mélange sympathique de neveux-nièces -oncles -tantes un côté rassembleur où l’âge importait plus que la proximité parentale. Ainsi le plus âgé de tous, feu si Azzedine était le neveu de tous ses oncles mais avait un statut de frère aîné .et tout le monde l’appelait Sidi.
Étant un des oncles, au beau milieu de la chaîne, j’ai eu le bonheur d’être appelé tendrement Ammi par ma nièce Souad. Okhti Souad , comme l’appelaient ses proches, était un mélange rare d’authenticité, de sensibilité aiguë, d’affection sincère et de fidélité à ses valeurs et aux personnes qu’elle aimait.
Son fils Faouzi et son mari feu Si Salah Mufti forment un repère d’attachement et d’amour tel un point cardinal dans une boussole.
Elle était très attachée au reste de sa famille, proche de tous âges. Il n’était pas rare de la voir prendre l’un de ses petits oncles metlinois, lui moucher affectueusement le nez, lui arranger tendrement sa veste ou sa chemise, lui corriger une petite faute de grammaire ou une expression, avant de l’initier à la découverte du Tunis des années 1960. C’est ainsi qu’en sa compagnie nous avons découvert la Maison de la culture, la Bibliothèque nationale ou encore les cinémas de la rue ex-Arbi Zarrouk, le tout agrémenté d’un passage chez le vendeur de glaces et d’un trajet en trolleybus.
Tout le monde l’appelait Okhti Souad
Un peu plus tard, quand elle a décidé de publier le roman « La vie simple », certains de ses oncles, dont moi-même, pour mon grand bonheur, étaient ravis de participer à la préparation de la mise en page du futur livre, en tirant les stencils et en en agrafant les pages, dans le cadre de son petit appartement modeste de l’avenue de Paris.
Souad est née pour être écrivaine, romancière, poète. Elle a consacré à ce don et cette ambition une bonne part de sa vie. Son succès est le reflet de sa vocation pour cet art d’écrire avec passion et méthode. Ce qui lui a valu la reconnaissance nationale et internationale et la fierté profonde de sa famille et de ses proches.
Maintenant les œuvres de Souad Guellouz sont enseignées dans les manuels scolaires. Sa famille au sens restreint et au sens large n’est pas en reste. Avec fierté, elle a toujours fait partie de ses lecteurs assidus et lui a rendu hommage à chaque étape.
Merci Okhti Souad. Nous sommes fiers de toi.
Charfeddine Guellouz
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