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Décès de Noureddine Bikr, Mohamed Abouelouakar et Fathallah Lamghari
La scène artistique marocaine perd ses artistes l’un après l’autre. Trois pionniers de l’univers théâtral, artistique et musical et ayant marqué la mémoire de plusieurs générations, nous ont quittés. Il s’agit de l’acteur et homme de théâtre talentueux Noureddine Bikr, le réalisateur et artiste-peintre pionnier Mohamed Abouelouakar et le chanteur-compositeur- parolier Fathallah Lamghari. Depuis l’annonce de la triste nouvelle, les hommages se succèdent sur la Toile.
Noureddine Bikr : Un monstre sacré de la scène théâtrale
Le milieu artistique et culturel a accueilli avec tristesse la disparition de Noureddine Bikr décédé vendredi à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie. Plusieurs acteurs de la scène culturelle ont exprimé leur affliction suite à son décès. L’artiste Mohamed Khiyari a souligné que le défunt était «une figure de proue et une icône du théâtre marocain», et de noter que Feu Bikr était «un monstre sacré de la scène théâtrale». Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé, pour sa part, un message de condoléances et de compassion aux membres de la famille du défunt. Dans ce message, le Souverain affirme «avoir appris avec une profonde affliction le décès de l’artiste Noureddine Bikr, que Dieu l’entoure de Son infinie miséricorde». SM le Roi a exprimé aux membres de la famille du défunt et, à travers eux, à sa famille artistique et à l’ensemble de ses amis et fans, Ses vives condoléances et Ses sincères sentiments de compassion. Il l’a qualifié «de comédien compétent qui marqué la scène artistique par sa créativité, son style, ainsi que les rôles qu’il a interprétés et qui resteront gravés à jamais dans le répertoire artistique national».
Mohamed Abouelouakar : Un des plus grands génies de la peinture et du cinéma
Grande icône du monde de l’art et du cinéma au Maroc, l’artiste Mohamed Abouelouakar a rendu l’âme, jeudi 1er septembre 2022, à l’âge de 76 ans en Russie. Sur les réseaux sociaux, plusieurs artistes et galeristes ont exprimé, à cet effet, leur affliction suite au décès de ce grand artiste. «Habité profondément par la pensée soufie Mohamed Abouelouakkar n’était pas «facilement accessible» pratiquant des «retraites» et l’isolement plutôt que saturer la scène de sa présence. Sa discrétion excessive a pu aussi lui jouer des tours car il n’a jamais vraiment eu du public la juste reconnaissance qu’il méritait», atteste à son égard, Hicham Daoudi, promoteur artistique et propriétaire de la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art. Et d’ajouter : «Pour moi aux côtes de Belkahia-Bellamine-et Kacimi, Abouelouakar participe à la ré-invention de la pratique picturale au Maroc vers 1983-1985 qui s’essoufflait autour des questions et débats devenus stériles sur la tradition et le patrimoine».
Les tableaux de Mohamed Abouelouakar sont influencés par le lyrisme russe et la miniature byzantine. Nombre de ses anciens tableaux se caractérisent par des couleurs vives et un foisonnement de figures qui ne laissent pas une parcelle de la toile sans traitement. On retrouve dans ses œuvres un corpus de figures, de symboles et une atmosphère, empruntés au répertoire occidental, mais toujours réinterprétés selon le prisme et les références de sa propre culture. Du cinéma à la peinture en passant par la photographie, Abouelouakar compose, en 1990, un ensemble de photographies intitulées «Contes soufis», scénographie de tableaux figurant une quête de la grâce intérieure. En 1984, il réalise «Hadda», le long-métrage, qui lui a valu le Grand prix du 2ème Festival national du film marocain. ««Hadda» est son seul long métrage, peut être considéré comme un film exceptionnel par son langage, les espaces dans lesquels il a travaillé, et aussi pour son utilisation d’une vision plastique révolutionnaire, à travers laquelle il a réalisé une œuvre qui a été agréable à l’œil et dédié à d’autres cinémas que les expériences marocaines ne s’étaient pas encore aventurées à réaliser», exprime le réalisateur Abdellilah Eljaouhary.
Fathallah Lamghari: Un pionnier de la musique marocaine
Une autre grande perte pour la scène artistique au Maroc. Deux jours après le décès du comédien Noureddine Bikr et Mohamed Abouelouakar, c’est le grand chanteur Fathallah Lamghari qui nous a quittés, samedi soir à l’âge de 82. A cet effet, la chanteuse Latifa Raafat s’est montrée particulièrement attristée. Sur sa page officielle Facebook, elle a écrit : «J’ai appris avec une grande tristesse la mort de ceux à qui l’on attribue mes succès auprès de Dieu, qui ont cru à mon talent et m’ont encouragée, adieu Si Fathallah Al Maghari..». Et de poursuivre: «Lui aurait préféré que je sois la première à écouter des mots écrits de sa plume. Il a été comme un père et le premier témoin de mon mariage en 1985, l’année de mon installation à Rabat». Né à Fès en 1940, Feu Fathallah Lamghari a été des grands pionniers de la musique marocaine depuis presque un demi-siècle, avec à la clé plusieurs chansons qui ont profondément marqué le public, comme «Allah Ala Raha», «Faynek Al Hbib», «Wallah manta maana». L’artiste marocain qui fut également un grand parolier a composé les textes de chansons ayant connu de véritables succès. D’ailleurs, il est derrière le succès des chansons comme «Maghiyara», «Kass El Bellar» et «Mouhal Ynessak Elbal» dont il a écrit les paroles, en plus de la chanson patriotique «Nidaa Al Hassan» qu’il a écrite à l’occasion de la Marche Verte.
Auteur: Siham Jadraoui
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