Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a remis, jeudi dernier , au nom du président de la République, Abdelmadjid Tebboun, des médailles de l’Ordre de mérite au rang de «Achir» à titre posthume à trois membres du corps médical, en l’occurrence le Pr Si Ahmed El-Mehdi, le Dr Boudissa Wafa et M. Talhi Djamel, victimes du Covid-19, ainsi qu’à feue Aïcha Barki, présidente de l’Association «Iqra».
Présidée par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, la cérémonie de remise des médailles s’est déroulée au Palais du Peuple, en présence des conseillers à la Présidence de la République, Abdelhafidh Allahoum et Aïssa Belakhdar, de membres du gouvernement, des familles des défunts et de représentants de la société civile.
L’hommage a été rendu aux trois membres du corps médical, victimes du Covid-19, à savoir le Pr. Si Ahmed El Mehdi, chef de service de chirurgie générale à l’hôpital de Frantz-Fanon de Blida, le Dr. Boudissa Wafa, médecin à l’hôpital de Ras El Oued (Bordj Bou-Arréridj) et l’ambulancier Talhi Djamel, de l’hôpital Frantz-Fanon (Blida), en reconnaissance à leur patience, courage et dévouement face à la propagation de la pandémie et en hommage à leur travail acharné pour atténuer les souffrances de milliers de leurs concitoyens». A cette occasion, un hommage a également été rendu à la défunte Aïcha Barki, pour son parcours riches d’actions bénévoles et de réalisations et ses efforts inégalés dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme en Algérie.
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Le Premier ministre : «Leurs sacrifices resteront gravés dans la mémoire du peuple algérien»
Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a salué jeudi dernier à Alger les efforts du corps médical en première ligne de la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, soulignant que l’hommage du Président de la République à trois professionnels de santé auxquels il a décerné à titre posthume la médaille de l’Ordre du mérite au rang de «Achir» participait de la reconnaissance de leurs sacrifices qui «resteront gravés dans la mémoire du peuple algérien». Dans une allocution lors de la cérémonie de remise, à titre posthume, au nom du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de la médaille de l’Ordre du mérite au rang de «Achir» à trois professionnels de santé victimes du Covid-19, à savoir le Pr. Si Ahmed El-Mahdi, le Dr Boudissa Wafa et l’ambulancier Talhi Djamel, M. Djerad a précisé qu’«en reconnaissance des efforts consentis à tous les niveaux et à dans tout le pays, le Président de la République a décidé de rendre hommage aux professionnels de santé, médecins, paramédicaux et travailleurs du secteur appartenant à l’armée blanche qui a consenti d’énormes sacrifices en première ligne face à l’épidémie».
Cet hommage est rendu à travers «trois enfants de l’Algérie, dont le souvenir restera gravé dans la mémoire du peuple algérien comme un modèle absolu de sacrifice», a ajouté le Premier ministre lors de la cérémonie qui s’est déroulée en présence des conseillers à la Présidence de la République, Abdelhafidh Allahoum et Aïssa Belakhdar, de membres du gouvernement, des familles des défunts et de représentants de la société civile.
Le Premier ministre a tenu à rendre hommage au Professeur Si Ahmed El Mahdi qui «a été dès le début de la propagation de la pandémie, en première ligne aux côtés de ses confrères, avant de nous quitter. Avec sa disparition, nous perdons un grand homme aux compétences reconnues connu pour son professionnalisme et son humanisme, ainsi que le médecin Wafa Boudissa, décédée enceinte dans une conjoncture difficile qui a affecté les Algériens, elle qui accomplissait sa noble mission pour que son sacrifice reste en mémoire».
De même qu’il s’est recueilli à la mémoire du défunt «héros» Talhi Djamel, décédé après avoir contracté le Covid-19, alors qu’il transportait les malades à l’hôpital de Boufarik «avec bravoure et dévouement». Le Premier ministre s’est recueilli également à la mémoire de toutes les victimes de cette pandémie parmi les citoyens, les membres de la société civile et de tous les corps qui étaient en première ligne pour enrayer cette pandémie.
A cette occasion, M. Djerad a appelé le peuple algérien à «tirer les enseignements des sacrifices consentis par le corps médical, prendre conscience de la gravité de la pandémie et faire preuve de solidarité avec l’ensemble du corps médical pour préserver la santé et la vie des Algériens, et ce en respectant les gestes barrières».
Aïcha Barki, un modèle de l’action associative au service de la société
Après avoir remis la médaille de l’Ordre de mérite au rang de «Achir» à titre posthume à Aïcha Barki, présidente de l’Association «Iqra», le Premier ministre a salué «les actions accomplies par la défunte, des années durant, en matière d’alphabétisation», soulignant que toute action nationale qu’elle a menée «est un modèle à suivre au service de la société, toutes catégories confondues».
Les réalisations accomplies par son association lui ont permis d’être un modèle à méditer en matière d’action associative, a-t-il ajouté.
«En assurant l’encadrement de plus de 4.400 classes pédagogiques d’alphabétisation réparties sur 1.341 communes avec pas moins de 4.000 encadreurs, cette association a montré la place de choix que devraient occuper toute organisation sérieuse de la société civile, de par son rôle de partenaire effectif des autorités publiques, notamment le ministère de l’Education nationale et l’Office national d’alphabétisation et d’enseignement des adultes (ONAEA)», dans «la mise en place de la stratégie nationale de lutte contre l’illettrisme».
Ces contributions ont permis à l’Algérie de faire baisser le taux d’analphabétisme à 8,71%, contre 85% au lendemain de l’indépendance, a expliqué M. Djerad, estimant que le nouveau taux était «classé comme le meilleur dans la région».
Se félicitant du rôle de l’Association dans le représentation de l’Algérie et le partage de son expérience à l’échelle arabe, mais aussi au niveau international, ce qui lui a valu plusieurs distinctions et prix internationaux, le Premier ministre a indiqué que la bataille de l’enseignement et pour l’alphabétisation, «est l’une des principales batailles menées après l’indépendance, afin de pallier aux séquelles du colonialisme destructeur qui tentait d’aliéner l’identité nationale et de jeter le peuple dans les bourbiers de la pauvreté, de l’ignorance et du sous-développement».
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Témoignages poignants
C’est dans une ambiance empreinte autant de tristesse que de fierté qu’un hommage à titre posthume a été rendu, jeudi dernier à Alger, à l’ex-présidente de l’association «Iqra», Aïcha Barki, et à des membres du secteur de la santé décédés dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Coronavirus (Covid-19). Emus et toujours affectés, des membres des familles des défunts ont eu du mal à exprimer leurs impressions et leurs témoignages, dans «la mesure où la plaie de la douleur et du chagrin ne s’est pas encore cicatrisée», pour reprendre leurs expressions respectives. C’est le cas de Mohamed-Laïd Boudissa, père de la défunte Wafa Boudissa, qui exerçait en tant que médecin à l’hôpital de Ras El Oued (Bordj Bou-Arréridj). «Hier, ma petite-fille de deux ans a pris mon téléphone portable pour appeler sa maman et lui dire qu’elle lui manquait», a-t-il témoigné avant de se retirer pour éclater en sanglots. Quelques instants plus tard, il revient pour présenter ses excuses et lancer : «Croyez-moi, c’est douloureux et affligeant de perdre sa fille alors qu’elle n’avait que 28 ans et était, de surcroît, enceinte». Même émotion chez la veuve et la fille de l’ambulancier de l’hôpital Frantz-Fanon de Boufarik (Blida), Djamel Talhi. Faisant preuve de courage, sa fille Yasmine (25 ans) a évoqué son père avec «fierté». «Il était un père exemplaire pour moi, car il s’est toujours montré altruiste.
En ce sens, c’est tout le personnel de l’hôpital qui l’estimait», a témoigné Yasmine, qui exerce au sein de l’administration de l’hôpital Frantz-Fanon.
La veuve du défunt, Lila Talhi, a considéré que son mari est mort «en martyr et au service de l’Algérie», relevant que «c’est un hommage réconfortant certes, mais j’ai du mal à convaincre mes enfants que leur père est parti pour ne plus revenir», a-t-elle encore témoigné, les larmes aux yeux. Nadir et Younès, deux fils du défunt professeur Si Ahmed El Mahdi, chef de service de chirurgie générale à l’hôpital de Boufarik, se sont dit également «fiers» de leur père qui est «mort au service de l’Algérie». «Je garde le souvenir d’un père patriote qui a servi l’Algérie et la santé pendant 45 ans. Il savait qu’il était atteint du Coronavirus, mais malgré cela il avait continué à exercer son métier», raconte Nadir. Il me disait constamment qu’il ne pouvait pas abandonner ses malades qui ont besoin de sa présence. Quant à Samir, fils de l’ex-présidente de l’Association «Iqra», Aïcha Barki, il considère que sa mère demeurera un exemple de «courage, d’abnégation et de persévérance», rappelant qu’elle a mené «une lutte sans merci contre l’analphabétisme pendant trois décennies». Il s’est dit aussi «fier» et «honoré» par cet hommage à sa défunte mère dont l’«œuvre et la mission doivent être poursuivies».
Auteur: elmoudjahid
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